Paris, Chartreuse de Vauvert
Arrivés à Paris sous l’initiative de Louis IX en 1257, les chartreux s’installèrent l’année d’après sur la rive gauche de la Seine dans le domaine du château de Vauvert, que le roi leur avait offert et qui était situé en proximité de la porte Saint-Michel, entre les actuelles rues Denfert-Rochereau, d’Assas et le jardin du Luxembourg (Bos 2003, p. 301). À l’intérieur de ce vaste espace, constituant le plus grand domaine ecclésiastique de la ville de Paris avec celui de Saint-Lazare, se trouvait l’église du couvent. Dédiée à Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste, elle fut consacrée le 26 juin 1325 comme l’indiquait une inscription, tracée sur du marbre noir, posée « dans le mur du passage du chœur au petit cloître » (Millin 1789, p. 9-10). Au sud de cet édifice, les espaces communs s’articulaient autour d’un premier petit cloître. Dans le respect de la règle, les chartreux de Paris habitaient une série de petites maisons indépendantes, collées les unes aux autres et organisées autour d’un grand cloître, refait au XVIIe siècle, dans lequel trouvait également place le cimetière des chartreux. Obligés à céder en 1613 une partie de leurs possessions à Marie de Médicis pour la construction du Palais du Luxembourg, les chartreux furent chassés en 1792 de leur couvent, devenu Bien national. La chartreuse fut ainsi d’abord transformée en usine d’armements en 1793, puis démolie entre 1796 et 1800.
En raison de la renommée de sainteté qui accompagnait les moines, le couvent a bénéficié de legs nombreux et importants tout au long de son existence et de nombreux personnages y ont élu leur sépulture. Même si tous vestiges matériels de la chartreuse ont disparu, des sources iconographiques et textuelles documentent les tombeaux qui se trouvaient dans l’église et dans le petit cloître, tout comme les éléments du décor qui caractérisaient les différents espaces du couvent. Dans les uns, comme dans les autres, l’héraldique était une composante importante et dense de valeur. Des éléments armoriés datant de l’époque médiévale et et de la première Renaissance étaient notamment visibles dans le porche d’entrée, dans la chapelle Saint-Blaise, dans l’église, dans le grand et dans le petit cloître, où des peintures et des tombeaux portaient les armes de nombreux bienfaiteurs de l’établissement religieux.
