ArmmA

ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Recherche héraldique

ArmmA Ile-de-France

Porté depuis 2018 par l’Ecole pratique des Hautes Etudes à Paris (laboratoire Saprat), le projet ArmmA a été intégré le programme E-SIGNA, crée la même année au fin de fédérer l’activité de recherche sur l’emblématique médiévale et de la première Renaissance réalisée au sein de trois projets dirigés par Laurent Hablot : ArmmA, consacré à l’héraldique monumentale ; Devise, dédié aux devises et emblèmes de l’aristocratie européenne aux XIVe-XVIe siècles ; Sigilla, visant à dresser un inventaire critique des sceaux conservés dans les collections françaises. Dans ce nouveau cadre institutionnel, ArmmA a pu bénéficier de financements de l’Agence Nationale de la Recherche et du Domine d’Intérêt Majeur-Sciences du texte et connaissances nouvelles (DIM-STCN).

Chapiteau aux armes Raguier. Paris, Musée Carnavalet (jadis Paris, Hotel Raguier).

Il a été ainsi lancé un nouveau volet consacré aux décors héraldiques de la region Ile-de-France. Cette extension du programme se pose dans la continuité du travail initialement réalisé en Poitou, avec lequel elle garde une forte cohérence sur le plan historique et social. Non seulement le Poitou était un territoire, apanage de la couronne, dans lequel la présence du roi, même héraldique, était assez forte, mais c’est aussi une région dans laquelle ont exercé leur action de grandes familles du royaume, qui entretenaient des rapports étroits avec la cour et que l’on retrouve à Paris et dans ses environs. Si une attention particulière a été portée aux documents héraldiques conservés, perdus ou déplacés dans la capitale, l’inventaire critique des attestations héraldiques franciliennes a été dès le début élargi à l’ensemble des départements de la région.

Paris, Chapelle Saint-Yves, détail de la façade avec les statues de Jean V de Bretagne et Jeanne de France. Gaignières, Paris, BnF dép. Est. et photo., RESERVE OA-14-FOL, fol. 32, 34 (© Collecta).

L’étude de l’héraldique monumentale médiévale dans l’Ile-de-France pose un problème majeur dans la disparition, plus marquée que dans d’autres régions, de la majeure partie des attestations matérielles, à cause de la destruction des armoiries à l’époque révolutionnaire, ici plus systématique qu’ailleurs, mais aussi des transformations urbanistiques opérées au XIXe et XXe siècle et qui ont effacé toute trace de nombreux édifices datant de l’époque médiévale et de la première Renaissance. L’absence de vestiges est toutefois palliée à la fois par les pièces déposées dans des musées (au Musée Carnavalet, notamment) et par l’abondance de sources textuelles (Emile Raunié, Ferdinand de Guilhermy, Louis-Aubin Millin, etc.) et iconographiques mentionnant les éléments armoriés qui figuraient dans un tel ou tel édifice. Dans ce contexte, les dessins de la collection de François Rogier de Gaignières, qui font maintenant l’objet d’un projet de recherche ciblé (Collecta), s’avèrent essentiels pour la connaissance des pratiques héraldiques des élites régionales. L’analyse des éléments héraldiques qui sont visibles dans les planches dessinées pour la plupart par Louis Boudan a souvent porté à préciser le cadre chronologique et de la commande de nombreux monuments de la région (voir, par exemple, le portail de l’église des Minimes de Chaillot à Paris).

Fragment de vitrail armorié. Brie-Comte-Robert, château.

Le travail actuellement en cours a permis de dresser un premier inventaire, constamment enrichi, d’environ 200 monuments portant des éléments héraldiques médiévaux (conservés ou documentés), dont un quart dans la seule ville de Paris. Parmi les monuments répertoriés, auxquels des notices sont consacrées dans la base ArmmA au fur et à mesure de l’avancement de la recherche historique, nous retrouvons des édifices phares de l’architecture francilienne de l’époque, come la Tour Jean sans Peur ou la château de Vincennes, mais aussi des bâtiments moins connus, parce que disparus ou peu visibles (voir, par exemple, les peintures de l’ancien palais royal d’Etampes ou le portail de la chapelle Saint-Yves à Paris) ou des sites qui ont fait l’objet de découvertes récentes, comme dans le cas du château de Brie-Comte-Robert.

 

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