Troyes, maison (27, rue Raymond Poincaré)
La structure initiale de ce bâtiment est difficile à interpréter, puisque l’édifice a été lourdement transformé dans le temps. Le portail s’ouvrant sur la rue laisse tout de même supposer une architecture d’origine en pans de bois modifiée en dernier lieu durant le troisième quart du XXe siècle.

Portail armorié avec statue de saint Jean-Baptiste. Troyes, maison rue Poincaré.
Formellement, le porche, situé au rez-de-chaussée et s’ouvrant sur la rue, se divise horizontalement en deux parties de hauteur égale : le vantail de la porte et une imposte dotée d’un tympan richement décoré. Cet élément est reproduit, en 1837, dans une planche du Voyage pittoresque d’Anne-François Arnaud reproduisant l’entrée d’une maison située au 27 rue de la Tannerie (Arnaud 1837, pl. entre p. 236 et 237). La porte en bois, facilement identifiable avec celle visible de nos jours, était à l’époque encore encadrée par deux piliers à consoles ornés de deux bustes (un homme et une femme ?) de profil, disparus par la suite. Les autres éléments caractérisant la pièce d’origine sont en revanche conservés.
Le tympan est composé de deux pièces de bois agencées perpendiculairement. Le linteau est décoré de deux rameaux végétaux encadrant un écu bûché, qui devait porter à l’origine l’armoirie du propriétaire des lieux (armoirie 1).
La forme de l’écu, accompagné d’un côté et d’autre de deux rubans, est typique de la Renaissance. Au dessus du gable encadrant l’écu armorié, la traverse verticale (refaite d’après l’original ?) est ornée d’une représentation de saint Jean-Baptiste, elle aussi caractéristique du style développé dans la région durant le second quart du XVIe siècle (Boudon-Machuel 2018). Elle est assurément à mettre en relation avec le propriétaire de l’immeuble à l’époque de sa construction. Il s’agit de son saint patron qui assure ici un rôle protecteur à la maisonnée.


