Troyes, Hôtel du Moïse
Cette belle demeure bourgeoise Renaissance en damier champenois (alternance de champs de briques et de blocs de craie), comportant trois niveaux sur caves, a bénéficié au début des années 2000 d’une remarquable restauration. Son nom lui vient de la statue, aujourd’hui remplacée par une copie, abritée depuis 1605 dans la niche creusée à l’angle des deux rues représentant le prophète. La demeure aurait été bâtie après le grand incendie de mai 1524 (Troyes, Médiathèque TCM, Fonds local, cl. 4°20304, p. 8). Puis, le lieu connut de nombreux propriétaires – elle abrita un temps l’hôtel des postes – et son aménagement intérieur fut repris sous le Premier empire, notamment le premier étage (Lorion 2014).

Troyes, hotel du Moïse.
Le premier propriétaire connu, en 1553, est le médecin Barthélemy Halluin (Troyes, Médiathèque TCM, Fonds local, cl. 4°20304, p. 9). Ensuite, la maison passa entre les mains de Jean Nevelet, seigneur de Dosches et de Montceaux, allié aux célèbres Pithou par sa femme, Jeanne. À cette époque, la maison servait souvent aux baptêmes et mariages des Réformés (ibid., p. 10). La statue de Moïse pouvait leur servir de repère dans ce quartier fortement peuplé par ces adeptes, l’Ancien Testament occupant une place importante dans cette religion.
La maison s’étend sur une parcelle rectangulaire qui ne permettait pas la construction d’un escalier en hors-œuvre, ce qui s’observe quelquefois dans le contexte troyen. Par conséquent, l’accès se fait par une porte située rue Claude Huez. Son linteau est orné d’un écusson aujourd’hui bûché (armoirie 1), mais qui à l’origine portait vraisemblablement les armoiries de la famille qui a ordonné la construction du bâtiment. Par sa forme, l’écu, solidaire de la structure en pierre de la façade, date du second tiers du XVIe siècle.


