Rennes, tour de Chicogné
La ville de Rennes était protégée par trois enceintes. La première englobait la cité tardo-antique. Puis, au XVe siècle, deux campagnes de travaux étendirent l’enceinte urbaine à l’est (1421-1448), formant la Ville Neuve, ainsi qu’au sud de la Vilaine (1449-1476), formant la Nouvelle Ville.
Construite en 1455 et défendant l’ouest de la ville à proximité de la porte du Champ-Dolent, la tour connue au XVe siècle sous le nom de tour de Chicogné, et par la suite appelée tour de l’épée ou de l’escrime (milieu du XVIe siècle), puis de tour Alain en 1612, était située à l’extrémité de l’actuel boulevard de la Liberté (Banéat 1904, t. 1, p. 347). Décrite comme étant en très mauvais état au début du XVIIIe siècle (ibid., p. 346), la tour de Chicogné est finalement arasée avec la plupart des ouvrages fortifiés de la Nouvelle ville durant la décennie 1780 (Le Boulc’h 2020, t. 1, p. 285).
De forme circulaire, elle mesurait environ 13,5 mètres de haut pour 10,5 mètres de large (ibid., p. 346), suivant un standard utilisé pour la troisième enceinte rennaise, que l’on retrouve notamment aux tours de Saint-Yves et de Plaisance. Le devis établi pour la construction de l’édifice indique que le toit était surmonté d’une bannière herminée (Leguay 1969, p. 190) (armoirie 1). Celle-ci n’est cependant pas visible sur la vue de la ville datée de 1543 (Paris, BnF, dép. Cartes et plans, GE EE-146 (RES)). On y voit seulement une tour parée de mâchicoulis et d’un toit en poivrière. Le plan d’Argentré de 1616 (Rennes, AM, 1 Fi 42) fait quant à lui apparaître au sommet de l’édifice un épi de faîtage mais pas de bannière. Toutefois, la fiabilité de ces deux représentations n’est pas toujours assurée, même si on peut également s’interroger sur la pérennité de ces décors de toiture exposés aux éléments et fragiles, qui ont pu être enlevés ou remplacés au cours du temps.



