Pamproux, prieuré Saint-Maixent
Relevant de l’abbaye de Saint-Maixent-l’École, le prieuré bénédictin de Pamproux remonterait au Xe siècle, lorsqu’une première église est mentionnée à l’emplacement de celle actuelle. Cette dernière a été édifiée, peut-être, dès la fin du XIe siècle et a été completée aux XIIe-XIIIe siècles (Gerturde). Les différents bâtiments du prieuré, disposés autour d’une cour de forme irrégulière et autrefois entourés de douves, ont été bâtis et réaménagés au fil des siècles. Notamment, en 1557-1558 le grand logis placé sur le coté est a été construit, accolé à la tour d’escalier, dite neuve, attenante à l’ancien logis (ibid.).
Les éléments héraldiques se concentrent dans cette portion du prieuré. Notamment, la porte, donnant aujourd’hui accès, sur le côté externe, au rez-de-chaussée du grand logis est surmontée par un linteau armorié, remployé à partir d’une autre partie du complexe (armoirie 1).
La pierre, de forme à peu près trapézoïdale, a été visiblement cassée dans la partie supérieure – ce qui a comporté la mutilation de l’encadrement architectural de l’armoirie – pour l’adapter à sa nouvelle fonction. En effet, un dessin d’Arthur Bouneault, réalisé vers 1907 (Niort, Musée Bernard d’Agesci), prouve que la pierre avait été trouvée au moment de la démolition d’un bâtiment du prieuré – nous ne savons pas si elle était encore en place ou si elle avait été récupérée parmi les décombres – et qu’elle avait été utilisée à l’origine come linteau d’une fenêtre (Farault 1914, p. 311, num. 1232). Au centre, le linteau est orné d’un écusson, de forme allongée et à la pointe arrondie, chargé de trois clefs mises en pal (armoirie 1).
Comme le proposait, bien que prudemment (ibid.), Arthur Bouneault, l’écu porte l’armoirie de la famille Chevalier (de gueules à trois clefs d’or posées deux et un, l’anneau en bas), bien documentée, même d’un point de vue héraldique, entre la Vienne (Poitiers et Sanxay) et les Deux-Sèvres (Saint-Maixent-l’Ecole). La famille, originaire de Saint-Maixent, semble avoir monopolisé la charge de prieur de Pamproux entre la fin du XVe siècle et la fin du XVIe. Philippe Chevalier, aumônier de l’abbaye de Saint-Maixent, fut prieur jusqu’à sa mort en 1516, lorsque Jacques prit sa relève († 1534) (Beauchet-Filleau 1895, p. 431). Un certain Emeri Chevalier, mort en 1594, fut lui aussi prieur de ce même établissement à la fin du XVIe siècle (Siauve 1804, p. 30). Le fragment remployé peut être daté, par ses caractéristiques formelles, de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, mais il est pour le moment impossible d’affirmer si l’armoirie avait été sculptée pour Philippe ou Jacques Cheavalier.
D’autres écusson étaient encastrés dans le couvrement de la tourelle d’escaliers, à laquelle nous n’avons pas eu accès (des images sont disponible sur la base Gertrude). Au moins deux écussons semblent avoir été sculptés aux clefs de voûte (armoirie 2, 3), l’une en forme de targue, l’autre de chanfrein. Même si leur surface a été grattée, ce qui rend impossible l’identification l’armoirie représentée, la forme des écussons et l’aspect de la sculpture suggèrent une datation au début du XVIe siècle.








