Poitiers, Notre-Dame la Grande (chapelle Potier)
La première chapelle érigée sur le flanc nord de l’église romane Notre-Dame-la-Grande fut construite vers la fin des années 1520 par le chanoine Nicolas Potier, qui demanda par son testament d’y être enterré. Les travaux devaient être déjà avancés quand, le 30 janvier 1528, la chapelle, dédiée à la Conception Notre-Dame, fut consacrée le par le carme Jean Masson (Crozet 1942, num 847, p. 225 ; Camus, Andrault-Schmitt 2002, p. 31, 52).

Poitiers, église Notre-Dame-la-Grande, chapelle Potier, détail de l’arcade ornée des armes timbrées de Nicolas Potier.
D’un style pleinement Renaissance, cette chapelle conserve une partie de ses vitraux d’origine, assemblés dans une baie de style encore flamboyant (Salvini 1958, p. 627). Des pilastres Renaissance, ornés de candélabres et d’autres éléments d’inspiration classique, marquent par contre l’entrée de la chapelle, s’appuyant contre la partie inférieure de l’arcade qui s’ouvre sur le collatéral nord.
Comme pour la plupart des autres chapelles construites sur le flanc nord de l’église, la clef de l’arcade en anse de panier porte les armes parlantes de son fondateur, de gueules à trois pots à feu d’or (armoirie 1), ici représentées à l’intérieur d’un écu en chanfrein : une forme typique de l’héraldique de la Renaissance, d’inspiration italienne, qui se ne répand en Poitou qu’à partir des années 1520. Le meuble composant l’armoirie est aussi représenté comme cimier hissé sur le heaume qui timbre l’écu, avec de belles flammes qui s’échappent du récipient.
Des écus en chanfrein ornent aussi quelques caissons du plafond de la chapelle (armoiries 2-4), s’alternant à des motifs fleuronnés, à de pots à feu et à des cartouches (en forme aussi de tabula ansata) qui ne portent cependant aucune trace d’inscriptions. Les armoiries du patron de la chapelle étaient donc probablement peintes sur les écus sculptés dans le plafond, n’exhibant ces derniers aucune trace de relief. Les aléas de la conservation ont dû effacer tout fragment de peinture. Pour finir, on notera que les écus sculptés sur le plafond sont réalisés comme s’il s’agissait d’objets réels accrochés au mur par le biais d’une guiche passant à l’intérieur d’un anneau cloué dans le mur, selon une solution que l’on rencontre plus habituellement aux XIIIe-XVe siècles. Seule parmi les chapelles érigées sur le flanc nord de l’église Notre-Dame, celle de Nicolas Potier n’est pas signalée à l’extérieur de l’édifice par aucun élément héraldique.







