Poitiers, église Notre-Dame la Grande (chapelle Fumé)
La septième chapelle latérale du collatéral nord de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, située à la hauteur du maître autel dans un emplacement donc de prestige, fut érigée par François Fumé, avocat et membre du corps de ville. Au début de l’année 1514 il obtient le droit de la bâtir sur l’emplacement jadis occupé par la chambre du trésor (Poitiers, AD Vienne, G 1089, janvier-février 1514), à condition que le nouveau édifice ne gênait pas la lumière du chœur (Favreau et al. 1995, p. 19). En même temps François obtient aussi le droit de placer à son intérieur un autel, qu’il fit consacrer à François son saint homonyme, et des bancs pour lui et pour ses successeurs qui auraient également bénéficié du droit de sépulture (Crozet 1942, num. 778, p. 206).
Comme les commanditaires d’autres chapelles de l’église Notre-Dame, suivant une pratique affirmée, François Fumé obtint aussi la permission de faire représenter ses armes et d’apposer une litre funéraire dans la chapelle (ibid.; Andrault-Schmitt, Camus 2002, p. 30). Les armes pleines de la famille apparaissent ainsi au milieu de la voûte, portées symboliquement vers les cieux par un ange (armoirie 1a). Les mêmes armes sont également représentées sur les culs-de-lampe qui reçoivent les nervures de la voûte sur le mur pignon nord (armoiries 1d-e) et sont sculptées et mises en couleurs à l’entrée de la chapelle, de manière à marquer l’espace et à en identifier immédiatement les propriétaires, détenteurs des droits de sépulture.
À cet endroit, toutefois, les armes pleines de la famille (armoiries 1b-c) alternent à une armoirie écartelée Fumé-Herbert (armoiries 2a-b), dont les couleurs ont été visiblement rafraichies de manière peu scrupuleuse, qui ne trouve pas d’autres attestations connues. Fils de Pierre et d’Hilaire Herbert, François pourrait avoir décidé d’exposer cet écu à l’entrée de sa chapelle (et dans l’emplacement le plus visible !) dans le but d’anoblir le statut de sa famille par le biais de la représentation du lignage maternel, étant les Herbert parmi les familles les plus éminentes de la bourgeoisie poitevine.









