Plouguerneau, chapelle Notre-Dame du Traon (calvaire)
En retrait d’un méandre de l’Aber Wrac’h, au sud du bourg de Plouguerneau, la chapelle Notre-Dame du Traon ou Notre-Dame du Val se niche en un paisible vallon verdoyant.

Plouguerneau, croix de la chapelle du Traon, 1511, détail.
Au sein d’un enclos ouvert d’une porte monumentale, la chapelle, du type à clocher-pignon, date pour l’essentiel du XVIe siècle, avec des réfections du XVIIIe. L’édifice est une fondation des Le Moyne de Rannorgat, seigneurs du manoir éponyme situé autrefois à moins d’un kilomètre à l’est, et conserve trois écussons à leurs armes.
À l’extérieur, tout contre le flanc nord de la nef et sa porte à fronton triangulaire, se dresse un calvaire haut de quatre mètres trente, armorié de deux écussons. Sur un soubassement à cinq degrés de section circulaire et un fût écoté de granit, le croisillon est coiffé d’un Crucifix accosté d’une Vierge et d’un saint Jean, avec une Pietà au revers. Sur le socle est gravée l’inscription IO : TOINAS : H : PONCI : L AN MIL CINQ CANS XI (Castel 1980, p. 256-257). Les motifs d’une équerre et d’un marteau sculptés entre les noms propres signalent qu’il s’agissait des sculpteurs, dont on a avancé qu’ils auraient pu être d’origine italienne.

Plouguerneau, croix de la chapelle de Traon, détail de l’écusson mi-parti Le Moyne-Coëtivy.
Deux écussons sont sculptés aux extrémités des bras, sous les culots des statues. Celui au nord montre les armes des Le Moyne de Rannorgat (armoirie 1), qui portent celles des Le Moyne de Trévigné en Plounéour Trez brisées d’une bordure de gueules en signe de juveigneurie. Au sud, elles sont mi-parties d’un fascé de six pièces (armoirie 2), désignant Olivier Le Moyne et Typhaine de Coëtivy, sieur et dame de Rannorgat et Kerespern. Le couple est attesté en 1503 (Potier de Courcy 1859, p. 128 ; Le Guennec 1981, p. 292), une date compatible avec celle portée sur l’inscription du soubassement.




