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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Murles, Mas de Caravète (borne)

 

La borne armoriée actuellement visible devant l’entrée du mas de Caravète porte les armes de la ville de Montpellier, encore sous la forme ancienne d’un simple tourteau (armoirie 1). S’il est difficile d’établir la datation de cette pierre sculptée, il est certain qu’elle faisait partie d’un ensemble de bornes et panneaux armoriés qui fut très rapidement mis en place après l’acquisition de ce territoire par la ville de Montpellier afin de tracer le périmètre de la vaste zone où les consuls exerçaient le droit de basse justice que l’évêque de Maguelone tenta d’entraver à plusieurs reprises (comme en témoigne l’affaire du pilori de Caravète et celle des fourches patibulaires du bois de Valène).

Murles, Mas de Caravète, borne aux armes de la ville de Montpellier.

Un premier marquage du territoire du mas eut lieu en 1318, quand un sergent royal vient apposer des panonceaux fleurdelysés sur les portes du mas de Caravète, et à huit autres endroits dans le bois de Valène (Thomas 1930, p. 108). D’autres campagnes similaires furent réalisées par la suite, comme en 1321 quand les consuls de Montpellier plantèrent des bornes et des bâtons aux armes de la commune à Caravète sur un terrain situé dans le tout proche bois de Valène, où l’évêque avait fait ériger de nouvelles fourches patibulaires à ses armes (Thomas 1930, p. 109). Ce sont justement ces bornes qui sont évoquées quelques années plus tard, en 1327, quand elles furent renversées de façon malveillante (Thomas 1930, p. 112). Le contexte local explique ces sabotages, puisque des prisonniers de Caravète venaient d’être arrêtés puis retenus prisonniers par le châtelain de Montferrand, représentant local du pouvoir épiscopal. Cette affaire réanimait les tensions déjà vives entre l’évêque ayant le droit de haute justice sur ces terres, et les consuls, seigneurs des lieux ayant le droit de basse justice (Baumel 1971, p. 143-144, 193). Finalement les consuls obtinrent rapidement le rétablissement des bornes et des panonceaux fleurdelysés, en décembre 1327 (Thomas 1930, p. 112). Ces tensions peuvent expliquer la volonté des consuls de marquer le territoire par des bornes (associées à des marques de la sauvegarde royale) pour désigner l’espace où s’exerce la juridiction de leur juge local.

A ce stade, il est impossible de déterminer si la borne aux armes de Montpellier encore visible ait été mise en place durant une de ces campagnes de balisage héraldique du territoire du mas de Caravète au début du XIVe siècle. La forme de l’écusson laisserait penser à une réalisation plus tardive, mais la facture modeste de l’œuvre ne permet pas d’en fixer la chronologie avec assurance. En tout cas, sur la base des documents susmentionnés, il semble probable qu’un panonceau fleurdelysé ou d’autres formes de marquage héraldique de la commune complétaient la mise en signe du mas dès la fin du XIIIe-début du XIVe siècle.

Auteur : Antoine Altieri

Pour citer cet article

Antoine Altieri, Murles, Mas de Caravète (borne), https://armma.saprat.fr/monument/murles-mas-de-caravete-borne/, consulté le 28/02/2024.

 

Bibliographie études

Baumel Jean, Histoire dune seigneurie du Midi de la France : Montpellier, t. 2, Montpellier 1971.

Thomas Louis, « La baronnie de Caravète », dans Monspeliensia : mémoires et documents relatifs à Montpellier et à la région montpelliéraine, 1, 2, 1930, p. 87-157.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Murles, Mas de Caravète (borne). Armoirie ville de Montpellier (armoirie 1)

(D’argent à un tourteau de gueules).

  • Attribution : Ville de Montpellier
  • Position : Extérieur
  • Support armorié : Pierre sculptée
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue
  • Technique : Sculpture en pierre
  • Période : Datation inconnue
  • Dans le monument : Murles, Mas de Caravète (borne)

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