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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Recherche héraldique

Poitiers, Hôtel Herbert

Bâti par François Herbert (Boudoin 1887-1888 ; Barbier 1890, p. 481), maire de Poitiers en 1474, ou, plus probablement par son fils Simon, maire en 1507 (Barbier 1890, p. 483), l’Hôtel Herbert se trouvai sur l’actuelle Grand’rue (déjà 11, rue Saint-Etienne), à l’intérieur de l’ancienne paroisse Saint-Etienne.

M. Boudoin, L'Hotel Herbert à Poitiers (Barbier 1890, p. 477) (source Gallica).

M. Boudoin, L’Hotel Herbert à Poitiers (Barbier 1890, p. 477) (source Gallica).

Englobé par des constructions plus modernes qui furent détruites en 1887 (Barbier 1890, p. 476), l’ancien édifice, à l’état de ruine, fut démoli à la même occasion (Brothier de Rollière 1907, p. 89). Sa physionomie peut toutefois être  reconstruite grâce à la description contenue dans le testament rédigé le 7 juin 1546 par Nicolas Herbert, fils de Simon Herbert et de Marie de Janoilhac, et par les descriptions fournies par Genesteix (Genesteix 1887, p. 211-212), qui visita l’immeuble avant sa démolition, et, surtout, par Marcel Boudoin, architecte et directeur des travaux (Boudoin 1887-1888).

Le bâtiment était doté d’un corps donnant sur la rue et percé, au rez-de-chaussée, par un « porche » qui permettait d’accéder à la cour interne. Au fond de cette dernière se trouvait le logis principal, selon un plan qui se retrouve, par exemple, à l’Hôtel Fumé dans ces mêmes années (Genesteix 1887, p. 218). Sa façade était percée par des grandes fenêtres à meneaux en croix, avec des cadres moulurés et décorées d’un cordon reposant sur des culs-de-lampe sculptés en forme d’ours, de singes et d’autres animaux (Boudoin 1887-1888 ; Barbier 1890, p. 480). Une porte en accolade, dotée de piliers prismatiques et surmontée d’un choux fleuri (voir pl. de Boudoin 1887-1888, rééditée par Barbier 1890, p. 477), assurait l’accès à l’immeuble. Au milieu du tympan défini par l’accolade, un écusson en relief portait les armes des propriétaires, comme cela apparaît sur le relevé réalisé par Boudoin (armoirie 1).

Cheminée de l'Hotel Herbert. Poitiers, réserves du Musée Sainte-Croix.

Cheminée de l’Hotel Herbert. Poitiers, réserves du Musée Sainte-Croix.

L’écusson devait être déjà très abimé et aucun élément héraldique n’était probablement plus lisible, puisqu’aucune description de la maison ne le mentionne. Sur le côté opposé, une autre porte « en accolade », apparemment dépourvue d’éléments héraldiques, donnait accès à la tourelle d’escalier desservant les deux étages supérieurs de l’immeuble (Boudoin 1887-1888 ; Barbier 1890, p. 480).

Une cheminée finement sculptée et armoriée était adossée au mur pignon ouest d’une grande salle au rez-de-chaussée du logis, éclairée par une fenêtre à meneaux en croix donnant sur la cour interne (Genesteix 1887, p. 207). Partiellement endommagée lors de la démolition de la partie supérieure de l’immeuble, elle fut offerte par Mme Dorat, propriétaire de l’immeuble, à la Société des Antiquaire de l’Ouest. Avant son démontage, la pièce fut observées par les membres du Conseil d’administration de la Société. Les descriptions fournies par Genesteix (Genesteix 1887, p. 207) et par Marcel Bouduin (Boudoin 1887-1888), qui la virent à son emplacement d’origine, nous permettent aujourd’hui d’identifier la cheminée monumentale avec celle actuellement placée dans une salle au rez-de-chaussée du Musée Rupert de Chièvres de Poitiers. La cheminée de l’Hôtel Herbert présentait des « jambages composés de tores et de moulures prismatiques » et son manteau était orné « de deux cordons superposés avec moulures d’un grand relief et rinceaux de feuillages frisés », au milieu desquels il y avait un écusson (armoirie 2), à l’époque déjà dépourvu de toute figuration.

Cheminée de l'Hotel Hérbert, détail de l’écusson. Poitiers, réserves du Musée Sainte-Croix.

Cheminée de l’Hotel Hérbert, détail de l’écusson. Poitiers, réserves du Musée Sainte-Croix.

Tous ces détails se retrouvent dans la pièce en question. Un dessin réalisé par Marcel Boudoin confirme cette identification et donne même l’image de l’armoirie qui était sculptée sur l’écusson de grandes dimensions (32 cm x 28 cm) qui en décore le linteau. Elle correspond bien à celle des Herbert (de gueules à trois besants d’argent, au chef d’argent chargé de trois hures de sanglier de sable). Il est pourtant impossible de déterminer si l’armoirie a été reconstruite sur la base des quelques détails encore visibles ou s’il s’agit d’une invention de l’auteur du dessin.

Inventoriée dans le registre manuscrit des pièces conservées dans les collections municipales (Catalogue Minutes/Inventaire Sandoz année 1892, num. 892.2.45), la cheminée fut ensuite placée dans une salle au rez-de-chaussée du Musée des Augustins (puis Musée Rupert de Chièvres), donnant sur le jardin (Gaillard 1925, p. 5, L30), où elle se trouve encore actuellement. Dans la partie interne du manteau l’inscription d’une date « 26-12-1912 » témoigne de son remontage ou, plus probablement, de son installation définitive.

Auteur : Matteo Ferrari

Pour citer cet article

Matteo Ferrari, Poitiers, Hôtel Herbert, https://armma.saprat.fr/monument/hotel-herbert-poitiers/, consulté le 22/10/2021.

 

Bibliographie sources

 Poitiers, Musée Sainte-Croix, Catalogue Minutes/Inventaire Sandoz année 1892, num. 892.2.45.

Bibliographie études

Genesteix, « Notice sur la maison de la famille Herbert à Poitiers », dans Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, s. 2, 4, 1887, p. 206-221.

M. Boudoin, « Notice du logis des Hébert à Poitiers », dans Encyclopédie d’architecture, s. 3, 6, 1887-1888, p. 95 et pl. 1160, 1166, 1170, 1176, 1182).

A. Barbier, « Chroniques de Poitiers aux XVe et XVIe siècles », dans Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, s. 2, 13, 1890, p. 431-517.

R. Brothier de Rollière, Guide du Voyageur à Poitiers et histoire des rues de Poitiers, Poitiers 1907 (éd. cons. Poitiers 1988).

H. Gaillard, Guide du Musée des Augustins de Poitiers, Poitiers 1925.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Hôtel Herbert, Poitiers. Armoirie vierge (armoirie 1)

Armoirie vierge.

  • Attribution : Armoirie illisible ;
  • Position : Extérieur ;
  • Étage : Rez-de-chaussée ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Logis ;
  • Emplacement précis : Porte d'entrée ;
  • Support armorié : Gable de la porte ;
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue ;
  • Technique : Relief en pierre ;
  • Période : 1476-1500 ; 1501-1525 ;
  • Dans le monument : Poitiers, Hôtel Herbert

Hôtel Herbert, Poitiers. Armoirie Herbert (armoirie 2)

(De gueules à trois besants d’argent, au chef d’argent chargé de trois hures de sanglier de sable), tenue par deux (lions).

  • Attribution : Herbert, famille ;
  • Position : Intérieur ;
  • Étage : Rez-de-chaussée ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Logis ; Salle ;
  • Emplacement précis : Cheminée ;
  • Support armorié : Linteau de cheminée ;
  • Structure actuelle de conservation : Poitiers, Musée Sainte-Croix, réserves ;
  • Technique : Relief en pierre ;
  • Période : 1476-1500 ; 1501-1525 ;
  • Dans le monument : Poitiers, Hôtel Herbert

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