Poitiers, église Saint-Didier
Située à peu de distance du Palais des Comtes, sur le côté nord-est de l’actuelle place Alphonse Le Petit, l’église Saint-Didier a rempli une fonction paroissiale au moins à partir du milieu du XIIIe siècle. Un document daté de 1250 mentionne en effet une maison située « in parrochia Sancti Desiderii Pictavis, ad portam comitis » (Jarousseau 1975, p. 145) et des autres maisons y sont également citées dans un acte de 1277 (Tables 1839, I, p. 259). Siège d’une paroisse parmi les plus importantes de la ville, l’église fut vendue comme bien national et totalement démolie dans la première moitié du XIXe siècle et surement avant 1838 puisqu’elle n’apparaît pas sur le plan du cadastre réalisé en cette année. Deux cimetières la côtoyaient : le plus ancien sur le côté nord-ouest et le plus récent sur le côté sud, entre l’église et le palais (De Chergé 1851, p. 146), à savoir dans l’espace actuellement occupé par la place Alphonse Le Petit (Jarousseau 1975, p. 146, note 16). Des sépultures se trouvaient même à l’intérieur de l’édifice, parmi lesquelles était probablement celle du peintre François Nautré, enterré dans l’église Saint-Didier en 1625.

La place et la rue Saint-Didier à Poitiers (avant 1838). Poitiers, AD Vienne, 4 P 1177-1188.
Dans son testament daté de 5 mai 1453, Hilaire Larcher, qui avait été échevin de la ville en 1444 et maire en 1450-1451 – quand il fit reconstruire le pont Joubert -, demanda d’être enterré dans l’église Saint-Didier. Il voulait que sur sa « sépulture soit fait ung mémoire de personnage tout armé, garny de ses armes » (Poitiers, AD Vienne, G9 90 : Favreau 2018, p. 231) (armoirie 1). Le monument – dont on ignore s’il fut été effectivement réalisé – devait ressembler à celui d’un membre de la famille d’Aux, probablement Pierre conservé dans l’église de Senillé, du côté de Châtellerault : à l’intérieur d’un enfeu peu profond, la châsse est surmontée par le gisant du défunt revêtu d’une cotte d’armes toute ornée de ses armes.
D’autres monuments funéraires armoriés se trouvaient sûrement dans l’église et dans son cimetière. À l’époque médiévales ou à la Renaissance pouvaient encore appartenir les armes des Clauverier, qui étaient représentées, vraisemblablement à l’intérieur de l’édifice, sur un tombeau « près la petite porte du coté du palais » (Thibaudeau 1840, p. 377) (armorie 2a). Les mêmes armes apparaissaient aussi « à la voûté de cette église sur le jubé » (ibid.), à savoir probablement sur la clef de la voûte surplombant la tribune qui séparait le chœur de la nef (armorie 2b).



