Poitiers, collège de Géléasis (Minimes)
Le collège de Géléasis (appelé aussi d’Argelasie ou d’Agelasie) fut fondé dans l’actuelle Grand’rue au début du XVIe siècle par Pierre de Sacierges, évêque de Luçon (1496-1514) et chancelier de Milan (De la Fontenelle 1847, p. 966-967), qui possédait, en Poitou, un château richement orné de ses armes. Sa fonction, à l’instar de la douzaine d’autres collèges créés à Poitiers à partir de la seconde moitié du XVe siècle, était de fournir l’enseignement des arts, préliminaire à l’accès à l’Université, aux écoliers pauvres (Favreau 1978, p. 559). À la mort de Pierre De Sacièrges, le collège de Géléasis passa sous l’autorité de Toussaint Ferré (Beauchet-Filleau 1905, p. 395), fils Sybille, sœur de l’évêque défunt, et, à partir de 1611, il fut occupé par les Minimes, installés à Poitiers vingt ans auparavant (Marcade, Fracard 1988, p. 131). Toussaint Ferré fit édifier la chapelle du collège telle qu’elle était encore au milieu du XIXe siècle. Dans son testament, daté du 29 décembre 1541, il ordonna d’y être enterré à côté de son oncle (De la Fontenelle 1847, p. 967).
Des documents nous apprennent que les armes de Pierre de Sacierges étaient sculptées sur le pignon de la maison du collège donnant sur la rue (armoirie 1a). Posées sur une crosse et timbrées d’une mitre, elles étaient accompagnées par une inscription qui célébrait le haut prélat comme fondateur de l’établissement (ibid., p. 967). Les armories de Pierre de Sacierges furent cependant détruites en 1583 par un tel Potier, principal du collège, provoquant la réaction des officiers municipaux. Ces derniers intentèrent un procès contre Potier et l’obligèrent à remettre en place la pierre sculptée (armoirie 1b). Néanmoins, l’épisode se répéta à nouveau en 1611. Cette fois, ce furent les religieux qui, en réparant les bâtiments, enlevèrent l’inscription et la pierre armoriée, en la brisant. Les échevins ordonnèrent alors de la réparer et de la réinstaller sur le même édifice. Pourtant elle ne retrouva pas sa place d’origine sur le pignon, où les armes du roi l’avaient désormais remplacée (armoirie 2), mais sur l’entrée principale de la chapelle (armoirie 1c), accompagnée d’une inscription qui rappelait l’intervention des religieux dans la réfection de l’édifice en affirmant que « […] ceste pierre mise par leur volonté, au lieu de l’ancienne, au même endroit et de pareille forme que celle perdue dedans les ruines du vieux bastiment, en mémoire perpétuelle de Mess. Pierre de Sacierges, évêque de Luçon, fondateur de ce Collège […] (ibid. ; Thibaudeau 1840, p. 89).
L’armoirie de l’évêque était en outre sculptée dans le cloître (armoirie 1d) « dans un angle extérieur, près de la porte de la psallette, au dehors du préau et adossé aux greniers » (ibid.). Nous ignorons cependant quelle était la forme de cet élément héraldique et si sa mise en oeuvre datait du chantier commandité par Pierre de Sacierges – ce qui est plausible – ou s’il avait été également remplacé par les Minimes au début du XVIIe siècle.



