Brienne-le-Château, maison Grande Rue
Le nom des comtes de Brienne est lié à l’histoire de la Champagne et des croisades. Toutefois, la cité de Brienne-le-Château, où cette famille avait ses origines, ne conserve quasiment plus de trace de son glorieux passé médiéval et de celui de ses seigneurs. En effet, le centre-ville et l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, que nous pouvons facilement supposer parsemés des enseignes des comtes de Brienne et d’autres familles notables, furent bombardés en 1940 provoquant la perte d’une grande partie du patrimoine architectural et artistique.

Poteau armorié dans une maison site Grande Rue à Brienne-le-Château (Arnaud 1837, pl. 3).
Un souvenir résiduel du patrimoine briennois demeure pourtant chez certains auteurs du XIXe siècle. Dans son Voyage pittoresque, Arnaud publie une série de détails de maisons en pans de bois dont trois montrent des écussons armoriés ornant des piliers (Arnaud 1837, pl. 3) (armoiries 1-3). Ils appartiennent à une maison qui fut très vraisemblablement détruite lors des bombardements de 1940. Chacun s’inscrit dans une forme d’écu identique, mais deux seulement comportent des armoiries. Réalisés sans doute au même moment, ils portaient vraisemblablement les armoiries du couple qui avait fait construire et habité la maison. Toutefois, en raison de leur similitude nous ne pouvons pas distinguer celles de l’un ou l’autre des époux : les blasons adoptant la forme de chanfrein, typique de la Renaissance, sont élégamment pendus à des rubans agités par la brise.

Poteau armorié et orné de l’image de saint Pierre dans une maison site Grande Rue à Brienne-le-Château (Arnaud 1837, pl. 3)
Sur un premier poteau, deux écus sont placés l’un au-dessus de l’autre, mais seul celui placé en position haute est identifiable (armoirie 1) ; celui du dessous, vide (armoirie 2), constitue probablement soit un simple décor, soit il a été préparé pour porter une armoirie ou une effigie (celle du saint patron de la famille ?) qui, finalement, n’avait pas été représentée ou qui avait été seulement peinte. Dans le premier écu on reconnaît l’armoirie de la famille La Ferté (armoirie 1) (Palasi 2008, t. 2, num. 1317), qui avait une certaine assise pendant la première moitié du XVIe siècle. Elle est aussi connue par des carreaux de pavement conservés au musée de Vauluisant (Troyes), dans l’église de Mesnil-Lettre et sur un vitrail de l’église de Torvilliers, près de Troyes.
Le second poteau est décoré d’une armoirie identifiable surmontant une niche abritant l’effigie de saint Pierre. Elle appartient à une famille moins connue, les Vassan (armoirie 3) (Caumartin 1673, n°17, p. 122). Originaire du Soissonnais, selon Caumartin, elle possédait la seigneurie de Crespy-le-Neuf située à quelques kilomètres de Brienne-le-Château. Il faut associer cette armoirie à la présence de l’effigie de saint Pierre située au-dessous, ce qui renvoie au prénom de son détenteur (homme ou femme).






