Availles-Limouzine, maison (15, rue du château)
Située dans la partie est d’Availles-Limouzine, dans une zone dans laquelle se trouvent de nombreuses maisons du XVIe siècle, cette habitation conserve une porte surmontée d’un linteau en forme d’accolade, autrefois encadrée par des piédroits moulurés s’appuyant sur des bases prismatiques. Au milieu de cette dernière se trouve un écusson, sculpté en relief, dépourvu de figurations héraldiques (armoirie 1). La baie pourrait dater de la première moitié du XVIe siècle.

Porte armoriée, détail de l’accolade ornée d’un écusson sans dessus dessous. Maison de particulier (Availles-Limouzine,15 rue du château).
D’une manière assez originale l’écu est placé à l’envers, sens dessus dessous. Au Moyen Âge, l’inversion de l’armoirie était normalement adoptée dans le cadre des pratiques d’infamie (reversio armorum : Hablot 2008) ou pour indiquer le décès d’un individu, comme nous pouvons le voir, par exemple, dans la chronique de Matthew Paris (London British Library, Royal ms. 14 C VII, f. 10r, 13v etc. : Iafrate p. 188-190). Dans notre cas, toutefois, rien ne laisse croire que de telles circonstances aient pu imposer l’inversion de notre écusson. Il est donc plausible que ce choix aie été fait pour des raisons purement esthétiques, pour que la forme du bouclier suivait le profil de l’accolade. Cela nous laisse aussi croire qu’aucune armoirie n’y était représentée. Il faudra de même considérer que des représentations d’armoiries renversées existent, sans qu’elles soient nécessairement liées à des pratiques d’infamie ou à des rituels funéraires, comme l’indiquent les écus armoriés gravés dans une salle de la tour du Moulin à Cluny (Genevois 1991).


