Épagne, église Saint-Georges
Cette statue, conservée aujourd’hui au Trésor des églises du Parc naturel de la Forêt d’Orient (Dienville, Aube), provient de l’église Saint-Georges d’Épagne, édifiée au XVIIe siècle, sans doute à l’emplacement d’un édifice plus ancien. Avec ce visage épanoui, cette Vierge à l’Enfant assise mutilée, n’adopte pas encore les caractéristiques généralement données à la production champenoise : visage en triangle, front haut, yeux en amande, menton rond. On note aussi la présence de l’Enfant sur le genou droit, et non gauche, de sa mère. Contrastant avec le haut de la robe ajusté, les plis formés au niveau des jambes mettent en valeur un écu armorié qui garde encore sa polychromie d’origine. Il s’agit de celui de la famille Hennequin (armoirie 1).

Vierge à l’Enfant. Dienville, Trésor des églises du parc naturel de la Forêt d’Orient (jadis Épagne, église Saint-Georges).
Les Hennequin sont une famille très connue à Troyes et en Champagne méridionale. L’un d’eux, Odart (1484-1544), occupa la charge d’évêque de Troyes à partir de 1528 jusqu’à sa mort. L’armoirie représentée sur la statue d’Épagne appartient cependant à Jean II Hennequin qui, bien que parisien, avait acquis la seigneurie d’Épagne le 30 décembre 1495. Il la céda entre 1503 et 1510 (Liez 2012, p. 106-109).
La présence de l’écu armorié sur la terrasse d’une statue n’est pas répandue dans la statuaire champenoise. Quand cela existe, l’identification de la famille qui a commandé l’œuvre est souvent aisée comme à Crésantignes. Dans le cas d’Épagne, l’histoire de la seigneurie rapportée à celle de la famille permet de proposer une datation affinée de cette Vierge à l’Enfant, qui a été commandée entre 1496 et 1503-1510.


