Montier-en-l’Isle, église Saint-Pierre-et-Saint-Paul
Documentée dès 1100, l’église de Montier-en-l’Isle a été reconstruite à l’extrême fin du XVe et durant le siècle suivant (Beau 1991, p. 256). Bâtie sur un plan en croix latine, elle présente une nef, un transept saillant et une abside à trois pans. Le bras nord du transept fut vraisemblablement érigé grâce à la générosité de la famille de Gennes qui en fit sa chapelle funéraire, comme en témoignent les pierres tombales qui s’y voient encore et un linteau orné de deux écussons armoriés situé à l’extérieur du croisillon nord (côté ouest) (Liez 2017) (armoiries 1a, 2).
Sur ce dernier, nous pouvons reconnaître, à dextre de la petite accolade, les armes d’Émond de Gennes († 1er mars 1537), le membre le plus anciennement connu de la famille qui, venant vraisemblablement d’Anjou, établit sa lignée dans le Baralbin à la fin du XVe siècle (armoirie 1a). Ses armes (Palasi 2008, t. 1, num. 1049) sont ici associées, à notre avis, à celles de sa première épouse, Anne de Saint-Tirier (ou Yrier, ou Trivier) (armoirie 2). Elle portait une armoirie partie : nous y reconnaissons au premier les armes de son mari, au deuxième celles de son père qui demeurent toutefois plus difficiles à interpréter. Dans la partie senestre de l’écu nous reconnaissons deux fasces chargées de merlettes, d’autres merlettes en pointe et un élément en chef que nous n’avons pas pu identifier.

Montier-en-l’Isle, église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, linteau armorié aux armes d’Émond de Gennes et de sa première épouse.
À la mort d’Anne, Émond épouse en secondes noces Nicole de Saint-Brice († le 27 octobre 1553) qui portait une armoirie à trois molettes. Leurs pierres tombales gisent toujours, côte à côte, dans le croisillon nord de l’église. Celle d’Émond, représenté décharné et enveloppé d’un suaire s’enroulant autour du corps, montre deux fois la même armoirie, sculptée de part et d’autre de sa tête (armoiries 1b-c). Celle de Nicole, en revanche, n’est pas orné du gisant de la défunte mais seulement de deux écus : l’un parti aux armes de son époux (armoirie 3), l’autre, en forme de losange, aux armes de sa famille (armorie 4).
Si une autre pierre tombale appartenant à Edmond III de Gennes (1550-1612) et à son épouse, Marguerite de Saint-Quentin († 1622), est également conservée au même endroit, nous ne pouvons pas exclure que d’autres éléments ornés des armes des De Gennes se trouvaient à l’origine à l’intérieur de l’église. C’est probablement le cas de la Vierge de pitié conservée depuis le début du XIXe siècle dans l’église Saint-Sébastien de Crésantignes.










