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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Rennes, porte aux Foulons

 

Située au nord de la ville, à l’emplacement actuel de la fin de la rue de la Motte Fablet, la porte aux Foulons a été arasée en 1783 pour faciliter la circulation (Le Boulch 2020, p. 45). Elle était intégrée à la seconde enceinte qui protégeait la Ville Neuve, située au nord-est de la Vilaine. La porte est construite en 1425, mais elle est rebâtie dès 1438-1439 sur le modèle du portal du château de Blain, correspondant sûrement à la tour du pont-levis érigée par Olivier de Clisson à la fin du XIVe siècle (La Borderie 1893, p. 187 ; Leguay 1969, p. 155-156). Contrairement à ce qu’indique le plan d’Argentré (1616) montrant un châtelet d’entrée, il s’agissait donc bien d’une tour-porte, comme on peut le voir sur le plan Hévin (vers 1685) ou le plan Forestier (1726). Le devis prévoyait que la tour quasi circulaire s’élève à environ 20 mètres de haut pour un diamètre d’environ 17 mètres (Atlas archéologique. Rennes). Enfin, comme toutes les portes extérieures rennaises, sa défense a aussi été complétée par un boulevard d’artillerie construit sous François II vers 1464-1468 (ibid.). Seuls des vestiges de soubassements ont été préservés dans les caves des 2-4 de la rue Pont-aux-Foulons (ibid.).

Porte aux Foulons et son boulevard d’artillerie, dans Paris, BnF, dép. Cartes et plans, GE C-1439, François-André Forestier de Villeneuve, plan de la ville de Rennes, 1726.

D’après les comptes des miseurs de la ville, la porte aux Foulons était également surmontée d’un timbre aux armes du duc (Leguay 1969, p. 156). Derrière cette mention, on doit sûrement deviner une représentation montrant un écu semé d’hermines (armoirie 1) timbré du heaume au lion des Montfort. Ce décor, qui manifestait l’identité de l’autorité souveraine à tous ceux qui entraient dans la ville, pouvait se charger d’une valeur symbolique particulièrement forte lors de certaines occasions. En effet, au XVe siècle, les cérémonies d’entrées organisées par la ville pour accueillir des invités de marque étaient organisées soit à la porte des Toussaint, soit à celle des Foulons, soit à la Mordelaise (Moal 2008, p. 115). La porte aux Foulons accueillit surtout l’entrée du dernier duc de Bretagne François III, pour son couronnement en 1532. Le cérémonial subit plusieurs modifications de protocole, en particulier le fait de délaisser la porte Mordelaise au profit de la Porte aux Foulons, probablement pour rallonger le circuit et permettre une meilleure mise en scène des tableaux vivants (Hamon 2010). Un imposant décor éphémère fut mis en place dans la ville pour l’événement, mais on n’a pas de précision concernant l’ornementation de la porte aux Foulons et le décor semble surtout s’être déployé sur les échafauds (La Bigne Villenveuve 1880).

Auteur : Thibaut Lehuede

Pour citer cet article

Thibaut Lehuede, Rennes, porte aux Foulons, https://armma.saprat.fr/monument/rennes-porte-aux-foulons/, consulté le 01/05/2026.

 

Bibliographie études

Contenson Louis de, « Les remparts de Rennes », Bulletin Monumental, 71, 1907, p. 431-441.

Hamon Philippe, « Rennes, 1532 : le dernier couronnement ducal », dans A. Pic, G. Provost (dir.), Yves Mahyeuc, 1462-1541, Rennes 2010, p. 325-342.

La Bigne Villenveuve Paul (de), « Extrait d’une relation manuscrite sur l’entrée et couronnement du duc François III », Bulletins et mémoires de la société archéologique d’Ille-et-Vilaine, 14, 1880, p. 307-320.

La Borderie Arthur (de), « Recueil de documents relatifs aux monuments de l’architecture militaire du Moyen-Âge en Bretagne », Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 12, 1893, p. 135-205.

Le Boulch Matthieu, Rennes, fabrique et formes de la ville, 1420-1720, thèse de doctorat, dir. G. Aubert, P.-Y. Laffont, Université Rennes 2, 2020.

Leguay Jean-Pierre, La ville de Rennes au XVe siècle à travers les comptes des Miseurs, Paris 1969.

Moal Laurence, « L’accueil des ambassades en Bretagne (1364-1491) : un instrument d’affirmation du pouvoir ducal », Mémoires de la Société d’Histoire et d’archéologie de Bretagne, 86, 2008, p. 107-136.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Rennes, porte aux Foulons. Armoirie Bretagne (armoirie 1)

(D’hermine plain).

  • Attribution : Bretagne Jean V de ; Bretagne de
  • Cimier : Lion à queue fourchée entre deux cornes sur un chapeau de tournoi.
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Porte urbaine
  • Emplacement précis : Mur
  • Support armorié : Pierre sculptée
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue
  • Technique : Sculpture en pierre
  • Période : 1426-1450
  • Dans le monument : Rennes, porte aux Foulons

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