Loudun, maison (rue de la porte Saint-Nicolas)
Bâtie à quelques mètres de l’ancienne Porte Saint-Nicolas, cette maison datée du XVe siècle présente au premier étage une grande fenêtre ornée de meneaux en croix et d’un écu sculpté au centre du linteau (armoirie 1), déjà signalé par A. Lerosey au début du XXe siècle (Lerosey 1908, p. 162). Même si la surface est très abîmée, probablement parce que bûchée à la Révolution, on peut encore identifier les trois fleurs de lys disposées deux et un des armes de France.
S’il existait à Chauvigny une auberge à l’écu de France, également ornée d’une armoirie fleurdelisée sur une fenêtre, l’emplacement de l’écu et le décor de la maison médiévale de Loudun laissent plutôt penser que celle-ci servait à loger le fonctionnaire royal chargé du contrôle de la porte urbaine ou du prélèvement des impôts. En effet, il était courant de marquer les sièges des fonctionnaires de l’ « administration centrale » par les signes héraldiques de l’autorité qu’ils représentaient. C’est le cas, par exemple, d’une maison de Trévise utilisée par Franceschino (Francescuolo) da Brossano, « ufficiale delle bollette » pour les seigneurs de Padoue dans les années 1380, et encore décorée de quatre armoiries au chariot rouge des Da Carrara (Netto, Tozzato 1995).
Il est plausible que la maison et son décor héraldique datent d’après 1476, lorsque René d’Anjou, seigneur de Loudun, s’engagea devant Louis XI à rendre la possession de la ville à la couronne de France. La mort de René en 1480 détermina la fin de la présence angevine à Loudun.



