Paris, Chartreuse de Vauvert (porche d’entrée)
Pour accéder à la Chartreuse de Vauvert il fallait emprunter un chemin qui, partant du portail situé sur l’ancienne rue d’Enfer (Millin 1798, p. 3), conduisait à une grande cour fermée sur le côté sud par la chapelle Saint-Blaise et sur le côté ouest par un bâtiment formé, au rez-de-chaussée, d’un porche de cinq travées couvertes d’ogives, surmonté d’un étage éclairé par deux fenêtres hautes et étroites.

Paris, Chartreuse de Vauvert, le porche d’entrée (Millin 1798, pl. 1).
Cet édifice marquait l’entrée à la grande cour qui longeait l’église, juste derrière son abside. Il était orné vers l’extérieur d’un ensemble sculpté qui devait surprendre et frapper les visiteurs, en raison de son ampleur et du contraste avec la simplicité du décor du reste du couvent (Bos 2003, p. 302). Il avait été réalisé en 1505, quand le portail avait été rebâti (La Chartreuse 1987, p. 55, num. 50), pour mettre à l’honneur le rôle du roi comme financeur et protecteur de l’institution monastique.
La statue d’une Vierge à l’Enfant était placée dans la niche surmontant l’arcade centrale, entourée d’un semé de fleurs de lys qui faisait sans doute déjà allusion à la monarchie. En contrebas, deux anges tenaient un écu sculpté aux armes du roi (armoirie 1) : timbré d’une couronne et encadré par le collier de l’Ordre de Saint-Michel, il identifiait vraisemblablement la personne de Louis XII (Millin 1798, p. 7 ; Raunié 1901, p. 13). Quatre autres statues étaient placées sur les piliers adossés à chaque arcade, protégés par des dais acuminés. À senestre de la Vierge à l’Enfant et tourné vers le group central, saint Louis, avec sceptre et manteau fleurdelisé, tenait dans la main gauche la bourse contenant l’argent qu’il avait offert pour la fondation de la chartreuse. Sa tête était ornée d’une couronne ciselée en cuivre (Millin 1789, p. 7).
Il précédait les statues de cinq chartreux, disposées sur un socle coupant en partie la première arcade à droite. À dextre de la Vierge se trouvait en revanche la statue de saint Jean Baptiste, auquel l’église du couvent était dédiée. Saint Hugues, à l’extrémité gauche avec son cygne, et saint Antoine, à l’extrémité droite avec son cochon, complétaient l’ensemble. Une longue inscription était placée entre la niche occupée par les statues des chartreux et le plier portant la statue de saint Antoine : elle s’adressait aux personnes s’approchant à la chartreuse en les invitant à admirer la splendeur des bâtisses réalisées et entretenues grâce à la générosité du roi (Millin 1789, p. 8).


