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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien

L’église de Saint-Symphorien de Pouzioux fut bâtie entre le XIIe et le XIIIe siècle, quand le petit village relevait déjà de la baronnie de Chauvigny en ce qui concerne la juridiction temporelle (Bourgeois et al. 2012, p. 172). Caractérisé par une seule nef couverte par une charpente apparente, l’édifice se termine en un chevet plat couvert par deux voûtes en croisière qui fut construit à la fin du XIVe siècle.

En effet, le 22 avril 1398 Arthur Chasteigner, seigneur de la Garignère, commanda aux maçons Jaques Maillaud, Léonard de la Chomas et Marsault Clozelon de reconstruire et agrandir le chœur de l’église et de l’élever jusqu’à la hauteur qu’il avait « avant qu’il feust tombé par terre » (Crozet 1942, p. 88-90, doc. 372). Les travaux se conclurent en juin de la même année et concernèrent aussi un réaménagement des murs de l’édifice et, peut-être, l’ouverture de la porte latérale surmontée par une accolade gothique, donnant directement accès à la nouvelle partie de l’église.

Armoirie d'attente (?). Pouzioux (Chauvigny, église Saint-Symphorien, chevet, détail de la clef-de-voûte.

Armoirie d’attente (?). Pouzioux (Chauvigny, église Saint-Symphorien, chevet, détail de la clef-de-voûte.

Pour les mérites acquis grâce au financement de la réparation de l’église, Artur Chasteigner obtint la possibilité de placer une pierre armoriée « à la cyme » de la voûte du chœur, pour qu’elle fusse visible (« pour la voir »), et de faire sculpter des écussons sur les anciens piliers du chœur qu’il avait fait remettre en place. Toutefois, les « procureurs et fabriqueurs de l’église » – à savoir les fabriciens de l’oeuvre – précisèrent qu’il n’aurait pu y peindre ses armoiries qu’après son éventuel mariage (« sy et quand il sera marié » ) (Crozet 1942, p. 88-90, doc. 372).

Un écusson est effectivement encore visible sur la clef de voûte de l’abside (armoirie 1), avec la pointe orientée vers la fenêtre absidale. Son emplacement dans la partie la plus sacré du chœur, à l’extrémité orientale, révèle l’intention de mettre en valeur la figuration et, par conséquent, l’honorabilité de son possesseur. Dans la meme occasion un deuxième écu, identique dans sa forme au premier, fut sculpté sur le chapiteau qui couronne le pilier de droite à l’entrée du chevet (armoirie 2). Il semblerait appartenir à l’édifice roman, et pourrait avoir été retravaillé au moment du réaménagement du bâtiment, même s’il faut signaler qu’il n’est pas rare de trouver des sculptures d’un tel aspect archaïsant dans l’ornementation architecturale du début du XVIe siècle (voir, par exemple, l’escalier du château de Chambonneau). Il est impossible de confirmer si les armes de Arthur Chasteigner furent successivement peintes sur les deux boucliers, car la pigmentation actuelle est sûrement le fruit d’une restauration maladroite mettant en évidence le décor de l’église par l’alternance du blanc et du rouge.

Chapiteau armorié. Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien.

Chapiteau armorié. Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien.

Le contrat de 1398 documente un aspect important des pratiques héraldiques médiévales dans les espaces sacrés, en ce qui concerne à la fois le droit d’exposition des armoiries, et leur représentation réelle. Des écus pouvaient en effet être sculptés et préparés (armoiries d’attente) en prévision de figurations héraldiques à peindre dans un deuxième temps,  mais qui n’ont parfois jamais été réalisées. Cette éventualité est à prendre en compte lors de l’analyse d’écussons actuellement dépourvus de tout signe héraldique, qui n’ont donc pas nécessairement fait l’objet d’un acte de « damnatio memoriae » : soit il n’ont jamais été peints,  soit les traces de peinture ont disparu à cause du temps ou de l’action des restaurateurs.

 

Auteur : Matteo Ferrari

Pour citer cet article

Matteo Ferrari, Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien, https://armma.saprat.fr/monument/saint-symphorien-pouzioux-chauvigny/, consulté le 24/10/2021.

 

Bibliographie sources

R. Crozet, Textes et documents relatifs à l’histoire des arts en Poitou (Moyen âge – Début de la Renaissance), Poitiers 1942.

Bibliographie études

L. Bourgeois, I. Bertrand, M. Aubrun et al., Chauvigny, des origines au XXe siècle, Chauvigny 2012.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Eglise Saint-Symphorien, Pouzioux (Chauvigny). Armoirie vierge (armoirie 1)

Armoirie vierge.

  • Attribution : Armoirie vierge ;
  • Position : Intérieur ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chevet ;
  • Emplacement précis : Voûte ;
  • Support armorié : Clef de voûte ;
  • Structure actuelle de conservation : In situ ;
  • Technique : Relief en pierre peint ;
  • Période : 1376-1400 ;
  • Dans le monument : Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien

Eglise Saint-Symphorien. Pouzioux (Chauvigny). Armoirie vierge (armoirie 2)

Armoirie vierge.

  • Attribution : Armoirie vierge ;
  • Position : Intérieur ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Chevet ;
  • Emplacement précis : Pilier droit ;
  • Support armorié : Chapiteau ;
  • Structure actuelle de conservation : In situ ;
  • Technique : Relief en pierre ;
  • Période : 1376-1400 ;
  • Dans le monument : Pouzioux (Chauvigny), église Saint-Symphorien

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