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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique

Une belle dalle funéraire Renaissance est conservée dans l’église Saint-Julien de Royaucourt-et-Chailvet, village situé à douze kilomètres au sud-ouest de Laon. L’édifice a commencé d’être bâtie à l’extrême fin du XIIe siècle et les travaux se poursuivirent durant les deux siècles suivants. Henri de Buttet a battu en brèche l’opinion qui faisait des templiers les fondateurs de l’édifice (Buttet 1981, p. 47-56). La nef baignée de lumière, se caractérise par une haute nef gothique accolée de deux bas-côtés.

Tombeau de Pierre de La Viéville et Catherine de La Taste de Montferrand. Royaucourt, église Saint-Julien.

Le bas-côté nord abrite la dalle funéraire susmentionnée, cassée dans sa partie gauche et en partie inférieure. Son origine est incertaine. Elle proviendrait vraisemblablement du château de Chailuet (Dardennes, Buttet 1988-1989, p. 50). La dalle est sculptée en demi-relief dans cette pierre de Tournai de couleur bleu foncé tirant presque sur le noir, utilisée depuis plusieurs siècles. Cette dalle appartient à Pierre de La Vieuville († 1567) et à sa femme, Catherine de La Taste de Montferrand († 1556), comme le déclare l’inscription gravée sur la bordure extérieure. Les portraits des deux défunts sont encadrés par une architecture classique formée par trois colonnes, appuyées sur des plintes ornés d’un semé de fleurs de lys et culminant dans des chapiteaux corinthiens. Les colonnes soutiennent une architrave surmontée par un fronton triangulaire. Dans le tympan, deux harpies portent une couronne de laurier encadrant une cartouche avec la date 1555 : le tombeau fut donc réalisé un an après l’acquisition du domaine par Pierre de la Vieuville, à l’occasion de la mort de son épouse (Dardennes, Buttet 1988-1989, p. 50).

La conception du monument est singulière. Il devait initialement couvrir un tombeau posé au sol. Cette disposition se trouve confirmée par la légende, aujourd’hui lacunaire, inscrite en caractères majuscules sur le bord intérieur de la cuvette. Elle se lit depuis l’extérieur, contrairement à la tradition médiévale qui privilégiait une lecture depuis l’intérieur, comme cela s’observe pour les sceaux ou les monnaies. C’est donc en tournant autour du monument que l’on découvre l’identité des personnages : Cİİ GİST HAVLT ET PVISSANT S(IR) MESSİRE PİERE DE LA VİEVVİLLE CHĒR DE LOR […] DE MONFERAVD SA FĒME Q(u)i TRESPASSA LE XXVE DE IANVIER LA(N) XVC LV PRIE DIEV POR EULX.

Le couple debout, pourrait paraître vivant, s’avançant vers le spectateur depuis le fond de l’architecture, n’étaient les coussins placés sous leur tête confirmant bien leur état. L’homme est revêtu de son armure, le heaume étant à ses pieds : Pierre de La Vieuville fut un militaire de talent engagé dans les campagnes menées contre Charles Quint, sous François Ier et Henri II. La femme (1519 ?-1555), revêtue d’une robe élégante au col couvrant entièrement le cou, porte un diadème. Nous notons que les visages des deux défunts sont bûchés au contraire de leurs armoiries, curieusement intactes (armoiries 1-2). Celles-ci sont placées à l’extérieur de la structure architectural, de part et d’autre du rampant du tympan. L’armoirie de l’homme est timbrée d’un heaume tourné à dextre d’où s’échappent des lambrequins (armoirie 1), alors que celle de l’épouse est contenue dans un écu en losange (armoirie 2).

Auteur : Jean-Luc Liez

Pour citer cet article

Jean-Luc Liez, Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique, https://armma.saprat.fr/monument/royaucourt-et-chailvet-piece-erratique/, consulté le 24/10/2021.

 

Bibliographie études

« Eglise de Royaucourt », dans L. Demaison et al. (dir.), Guide du congrès de Reims, en 1911, Caen 1911, p. 341-343.

Buttet, Henri de, « Une mystification : la prétendue commanderie du Temple de Royaucourt », Mémoires de la fédération des Sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, 26, 1981, p. 47-56.

Dardennes, Jean-Joseph, Buttet, Henri de, « Promenade du 8 octobre 1988 (Blérancourt et château de Chailvet) », Annuaire-bulletin de la Société des amis du vieux Reims, 1988-1989, p. 45-51.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique. Armoirie Pierre de La Vieuville (armoirie 1)

D'(argent) aux cinq feuilles de houx aboutées de (sinople), disposées 3 et 2.

Timbre : un heaume fermé.

Lambrequin : de …

  • Attribution : La Vieuville Pierre de ;
  • Position : Inconnue ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Inconnue ;
  • Emplacement précis : Inconnu ;
  • Support armorié : Tombeau ;
  • Structure actuelle de conservation : Royaucourt-et-Chailvet église Saint-Julien ;
  • Technique : Relief en pierre ;
  • Période : 1551-1600 ;
  • Dans le monument : Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique

Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique. Armoirie Catherine de La Taste (armoirie 2)

Mi-parti, au premier d'(argent) à cinq feuilles de houx aboutées de (sinople), disposées 3 et 2 (La Vieuville) ; au deuxième coupé, au 1 d'(argent) aux deux lions rampant de (gueules) supportant un arbre de (sinople) chargé d’un écusson de…, le tout sur une terrasse de (sinople), au 2, d’…. fretté de… (La Taste).

  • Attribution : La Taste Catherine de ;
  • Position : Inconnue ;
  • Pièce / Partie de l'édifice : Inconnue ;
  • Emplacement précis : Inconnu ;
  • Support armorié : Tombeau ;
  • Structure actuelle de conservation : Royaucourt-et-Chailvet église Saint-Julien ;
  • Technique : Relief en pierre ;
  • Période : 1551-1600 ;
  • Dans le monument : Royaucourt-et-Chailvet, pièce erratique

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