Plounévez-Lochrist, croix de Kermorvan
Cette croix médiévale est implantée à l’extrême sud de la commune de Plounévez-Lochrist, sur la route départementale 88, à mi-distance entre les communes voisines de Lanhouarneau et Saint-Vougay, à l’embranchement menant aux lieux-dits Kermorvan et Kerizinen.

Plounévez-Lochrist, lieu-dit Croas Kermorvan, croix de Kermorvan.
Sur un soubassement à deux niveaux et un socle cubique surmontés d’un haut fût octogonal en granit, la croix de kersanton à section carrée comporte un crucifix sur la face principale, et une Vierge à l’Enfant au revers (Castel 1980, p. 276-277, num. 2291). Sous le Christ en croix, le nœud est sculpté d’un écu en bannière, armorié d’un mi-parti au premier quartier d’une croix engrêlée et au second d’hermines à une quintefeuille (armoirie 1).
Il a été proposé d’attribuer le premier quartier à la famille de Coatgoureden (ibid. ; base Gertrude), qui blasonnait de gueules à la croix endentée ou dentelée d’argent (Potier 2000, t. I, p. 266-267), sur la foi d’une inscription gravée dont les seuls caractères lisibles pourraient s’interpréter comme les premières lettres de la devise familiale : In cruce spes et munimen. Mais l’absence de lien entre ce puissant lignage trégorrois et Kerlouan, ainsi que l’état lacunaire de l’inscription, suffisent à écarter cette hypothèse.
Les armoiries sont formellement attribuables à Jehanne Le Veyer ou Le Vayer, dame de Trefalégan en Lanhouarneau, qui vécut dans le troisième quart du XVe siècle. À la mort de ses parents, le tout proche manoir de Kermorvan, possession familiale, avait été partagé à sa sœur Sébile, qui décéda sans hoir en 1464. Kermorvan revint alors à Jehanne, qui était veuve depuis 1461 de Jehan de La Feuillée ou La Feillée, et décéda le 22 avril 1482, d’après le minu fourni par son fils Sylvestre, seigneur de La Feuillée (Faujour 2016, p. 81).
Le croisement de ces données biographiques permet de dater la réalisation de la croix avec assez de précision, entre 1464 et 1482.


