Poitiers, pièce erratique (Musée Sainte-Croix)
Nous ignorons la provenance de cette pièce sculptée fragmentaire, qui appartenait peut-être au décor d’une cheminée, ainsi que sa date d’entrée dans les collections du Musée Sainte-Croix. Le fragment sculpté, dont on remarquera la finesse et la précision du travail, constituait la moitié droite de la pointe d’un écusson armorié, encadré par des rameaux tressés (armoirie 1). Il correspond plus précisément au troisième et quatrième quartier d’une armoirie écartelée aux armes de France et de Bretagne.
En effet, on reconnaît encore une portion de la partition supérieure de l’armorie, ainsi que la pointe inférieure de la fleur de lys de France dans le premier quartier. Dans la composition d’origine, cet écartelé était toutefois parti à une autre armoirie, occupant la moitié dextre de l’écu. La ligne marquant la partition de l’écu est encore visible sur l’extrémité gauche du semis d’hermines.
Ces éléments nous laissent croire que l’écu en question portait l’armoirie de Claude de France (1499-1524). Fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, elle adopta d’abord un écartelé aux armes de ses parents, puis, à la suite de son mariage avec François d’Angoulême (1514), le futur roi François Ier, elle prit à utiliser une armoirie partie avec celle de son époux : d’abord sous la forme de Valois-Angoulême, puis sous celle des armes pleines de France, après son couronnement du 11 octobre 1515.
Même si on ne conserve aucune trace de la première moitié de l’écu, il est plausible que l’armoirie originaire présentait un parti France/écartelé France-Bretagne, comme on peut également le voir sur le sceau utilisé par la reine Claude en 1515-1524.




