Paris, couvent des Cordelières (Clarisses de Lourcine)
Le couvent des Cordelières de Paris fut fondé en 1289 à l’initiative de Marguerite de Provence veuve de Louis IX. Elle fit installer des nones de l’Ordre de Sainte Claire, provenant d’une communauté créée en 1270 à Troyes par Thibaut de Champagne, dans des maisons que Galien de Pise avait achetées vers 1270 dans le bourg Saint-Michel et qu’il avait destinées à ce but dans son testament, avec l’accord du roi Philippe le Hardi (Raunié 1901, p. 194-196). Par deux bulles de 1290 et de 1291 le pape Nicolas IV approuva la fondation du couvent et le plaça directement sous l’autorité du Saint-Siège. Marguerite de Provence, qui avait déjà doté la communauté de rentes annuelles depuis 1292, fit commencer à ses frais la construction de l’église conventuelle. Sa fille Blanche († 1320), qui s’était installée dans une maison attenante au couvent que sa mère lui avait accordée, fit terminer les travaux (Raunié 1901, p. 199).

Le couvent des Cordelières de Lourcine (Raunié 1901, p. 193).
Placé sous la protection royale par Philippe le Bel en 1318 – le privilège fut confirmé par ses successeurs – le couvent bénéficia de la largesse de membres de la maison royale et de l’aristocratie (Raunié 1901, p. 203). Endommagé pendant les guerres en raison de son emplacement à l’extérieur des remparts, dans un endroit d’ailleurs peu salubre, le couvent fut déclaré bien national à la Révolution et vendu en 1796. De nouvelles rues furent ouvertes à partir de 1805 sur les terrains appartenant au couvent, tandis que ses bâtiments, initialement affectés à des activités industrielles, furent par la suite utilisés comme hôpital (Hôpital de Lourcine) (Raunié 1901, p. 208.). Les derniers vestiges du couvent ont été définitivement rasés en 1972, pour faire place à l’actuel Hôpital Broca. Seuls quelques pans de mur de l’ancien réfectoire subsistent encore de nos jours.

Paris, ruines du couvent des Cordelières de Lourcine (Wiki).
D’après une notice sur l’église imprimée en 1651 (BnF, ms. Fr. 13747, f. 146), Blanche de France était représentée en tant que commanditaire de l’église « aux principalles vitres » de celle-ci, à savoir vraisemblablement sur la maîtresse vitre. Conformément à l’iconographie traditionnelle, elle était présentée en prière offrant à Dieu le modèle de l’édifice, qu’elle tenait dans ses mains (« Briefve et sommaire description » 1890, p. 14 ; Raunié 1901, p. 199-200, n. 1). Des écus à ses armes étaient représentés sur le même vitrail : ils présentaient les armoiries parties de France et de Léon et Castille, étant Blanche fille de Louis IX et épouse de Ferdinand de la Cerda († 1275), fils d’Alphonse X de Castille et prince héritier de Castille et Léon (armoiries 1a-?) (ibid.). D’après la même source, les armes de la princesse, toujours parties avec celles de son mari, étaient représentées également « aux lambris » de la même église (armoiries 1b-?). L’édifice devait donc avoir été doté d’une charpente garnie de planches en bois peintes avec des écussons armoriés, en adoptant donc la même solution adoptée, dans ces mêmes années, dans la célèbre salle de la Diana à Montbrison (vers 1296-1300 : Mérindol 1997). Des peintures représentant des épisodes de la vie de saint Louis auraient été commanditées par la même Blanche pour orner les murs de l’église (Longnon 1882, p. 2-3).
Enfin, les armes de Blanche étaient encore visibles au début du XVIIIe siècle aussi « en divers endroits » du cloître du couvent, qu’elle avait fait construire (Brice 1713, p. 211) (armoiries 1c-?).


