Montbrison, collégiale Notre-Dame d’Espérance (chapelle Paparin)
Située dans la septième travée du collatéral sud de la collégiale Notre-Dame d’Espérance, cette chapelle fut fondée en 1490 sous le vocable de saint Jérôme et saint Christophe par Valentine Manillier, veuve de Jean Berri, secrétaire du duc Jean II de Bourbon († 1488) (Guibaud, Monnet, Mermet 2009). Selon Jean-Marie de La Mure – qui se fourvoie par ailleurs sur le contexte de fondation de la chapelle, qu’il attribue à Mathieu de Bourbon – les droits de la chapelle auraient été cédés par la susdite Valentine à François Paparin, époux de sa nièce Isabeau Manillier (La Mure 1868, p. 370 ; Guibaud, Monnet, Mermet 2009). Jean de la Mure nous informe en outre que les armes des Paparin, de toute évidence ajoutées après le passage de l’édifice au mari d’Isabeau Manillier, se voyaient sculptées (« mises en relief ») « tant au dehors qu’au-dedans de ladite Chapelle » (La Mure 1868, p. 370) (armoiries 29a-b ?). Dans son étude monographique sur la collégiale, l’abbé Renon précisait également que l’écu aux armes des Paparin placé en dehors de la chapelle était porté par un lion (Renon 1847, p. 156) (armoirie 29a). Bien qu’il ne subsiste aujourd’hui plus aucun vestige héraldique à l’extérieur de l’édifice il est vraisemblable que ces armes aient jadis figurées sur les contreforts, à l’instar de ce que l’on peut encore observer à l’extérieur de la chapelle de Jacques Robertet – où deux écus sont également portés par des lions – ou de la chapelle d’Eustache de Lévis.

Montbrison, collégiale Notre-Dame d’Espérance (chapelle Paparin) (cliché : E. Dessert © Région Rhône-Alpes, Inv. général du patrimoine culturel).
À l’intérieur de la chapelle des Paparin, le seul vestige héraldique médiéval encore en place est localisé sur la clé de voûte (armoirie 29b). Dans un support lui-même scutiforme et vraisemblablement originellement peint en rouge, deux anges drapés présentent les armes familiales des Paparin, dont l’aspect originel peut être reconstruit avec précision grâce aux vestiges de polychromie encore visibles.
D’après Jean-Marie de La Mure (1868, p. 370) l’ainé des fils bâtards du duc Jean II de Bourbon, Mathieu dit « le Grand Bâtard de Bourbon » († 1505), aurait fondé deux prébendes dans cette chapelle, qu’il choisit également comme lieu de sépulture (Guibaud, Monnet, Mermet 2008). Bien que la famille ducale ait investi l’édifice depuis le règne de Louis II, Mathieu aurait ainsi été le premier membre de la famille à se faire inhumer dans l’ancienne nécropole des comtes de Forez. Son corps reposait, « dans une tombe de pierre de grande longueur », sous une table de cuivre à son effigie qui aurait été endommagée lors des guerres de Religions (ibid., p. 370-371). Ses armoiries se voyaient autrefois sur deux plaques : l’une était située en bas du pilier soutenant les arcades donnant accès à la chapelle et surplombant sa sépulture (armoirie 30b), tandis que l’autre était placée « vis-à-vis, sur la muraille du chœur de ladite église » (armoirie 30a), à savoir donc en face de l’entrée de la chapelle dans le bas côté de l’église, et était accompagnée de plusieurs enseignes de guerres capturées sur le champ de bataille, directement attachées ou suspendues au mur (ibid., p. 371). En contexte bourbonnais, d’autres cas d’offrande de bannière à des fins dévotionnelles sont documentés : nous savons ainsi par exemple que le duc Louis II de Bourbon avait fait don de son pennon à l’église Notre-Dame d’Orcival (D’Oronville 1876, p. 105).

Devise de l’étendard enflammé de Pierre II de Bourbon. Paris, BnF, ms. Fr. 94, f. 603r (© Gallica).
Il est également possible que cette mise en scène vexillologique soit en lien direct avec l’emblématique du personnage : l’étendard enflammé était en effet employé comme devise par Mathieu de Bourbon, comme en témoigne encore le décor sculpté de son château de Bouthéon (Mathevot 2011, p. 122-123), tout comme par l’oncle de celui-ci, le duc Pierre II de Bourbon (Paris, BnF, ms. Fr. 94, f. 603r) (Artignan 2022, p. 243).
Enfin, d’après les notes du chanoine La Mure, le vitrail de la chapelle des Paparin aurait autrefois porté les armes du duc Jean II (Durand, Huguet 1887, p. 233), mais l’information demeure douteuse. Cette chapelle étant fondée deux ans après la mort du prince, il est en effet plus probable que la verrière ait été commanditée par le duc Pierre II († 1503) ou le duc Charles III († 1527) (armoirie 31), tous deux « homonymes héraldiques » du duc Jean II.




