Montbrison, collégiale Notre-Dame d’Espérance (chapelle Notre-Dame-de-Pitié)
Située dans la seconde travée du collatéral nord de la collégiale Notre-Dame d’Espérance, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, connue autrefois sous le vocable de chapelle du Sépulcre (La Mure 1674, p. 367), fut largement mutilée au cours des derniers siècles et ne conserve aujourd’hui que d’infimes vestiges de son décor médiéval dont l’existence est documentée par les sources écrites.
La chapelle avait dû recevoir les libéralités de Louis de La Vernade, juge de Forez, chevalier, conseiller et chambellan du duc Charles Ier de Bourbon. Celui-ci était en effet représenté en prière à genoux avec son épouse Catherine du Crozet sur le vitrail de la chapelle, accompagnés de leurs patrons saint Louis et sainte Catherine et identifiés par leurs armoiries respectives (armoiries 21, 22). Le chanoine La Mure indique également que les armoiries des La Vernade se voyaient « tant en peinture qu’en relief en plufieurs endroits de l’Eglife de Montbrifon » (ibid.). L’auteur faisait vraisemblablement référence aux armoiries sculptées dans la chapelle des Papon, dans le collatéral sud de l’édifice, représentant un autre Louis de la Vernade – fils du précèdent – qui fut doyen de la collégiale à partir de 1480.

Culot aux armes des Vinols. Collégiale Notre-Dame d’Espérance, chapelle Notre-Dame-de-Pitié (photo : A. Robin).
Le seul décor médiéval subsistant aujourd’hui est un culot soutenu par un ange scutifère dans l’angle nord-ouest de la chapelle, où se trouvait autrefois l’autel de sainte Geneviève. L’écusson, partiellement endommagé, laisse encore lire des armoiries parlantes, d´or au cep de vigne de sinople, au chef de gueules chargé de trois coquilles d’or (armoirie 23), que Gabriel Brassart identifie comme celles de la famille de Vinols (Monnet, Guibaud, Mermet 2008). L’attribution exacte de cet écu demeure cependant en suspens. Le style renaissant de la sculpture invite à privilégier une datation début XVIe : il pourrait ainsi s’agir des armes d’Antoine de Vinols, comme le supposait l’abbé Renon dans son étude monographique sur la collégiale (Renon 1847, p. 572-573), ou de celles de Michel de Vinols, prêtre chorier de la collégiale en 1504, qui fit donation d’un reliquaire d’argent pour l’autel de sainte Geneviève en 1536 (Monnet, Guibaud, Mermet 2008). Toutefois, la présence d’une protubérance moulurée sur le dessus de l’écu, laissant encore apparaitre les vestiges d’un pal en bois, semble marquer l’emplacement d’un timbre, aujourd’hui perdu. Les éléments sculptés de part et d’autre de l’écusson évoquent des lambrequins et laissent ainsi imaginer que l’ensemble fut jadis surmonté d’un heaume, plutôt que d’une mitre ou d’une crosse. Cet écu devrait alors être attribué à un autre membre de la famille Vinols, laïc plutôt que religieux, mais dont l’identité reste toujours à déterminer.


