Montbrison, collégiale Notre-Dame d’Espérance (chapelle de Louis de La Vernade)
Située dans la cinquième travée du collatéral sud de la collégiale Notre-Dame d’Espérance, cette chapelle fut remaniée par Louis de La Vernade, chantre puis doyen de la collégiale de 1490 à 1499, afin d’y accueillir sa sépulture (Guibaud, Monnet, Mermet 2008). Le religieux la plaça alors sous le patronage de sainte Catherine, en l’honneur de sa mère Catherine du Crozet (dont les armoiries figuraient autrefois dans la chapelle Notre-Dame de Pitié, aux côtés de celles de son époux). C’est en 1845 que le mur ouest de la chapelle fut percé, la réunissant ainsi à la chapelle des Manillier sous le vocable de la Vierge (ibid.).
Les armoiries parlantes des La Vernade (Wien, Österreichische Nationalbibliothek, ms. 2299, f. 4r, 44v, 50v, 181r : Bibale) – l’aulne qui figure en leur centre prend également le nom de « verne » , spécialement dans le sud de la France, en Vendée et dans les Vosges (CNRTL) – sont encore parfaitement lisibles de chaque côté de l’entrée de la chapelle (armoiries 35a-b) ainsi que sur la clé de voûte centrale (armoirie 35c). L’armoirie est complétée d’une bordure, probablement d’or d’après le témoignage du chanoine La Mure qui en décrivait un autre exemplaire, sans doute en couleurs, sur le vitrail de la chapelle Notre-Dame de Pitié (La Mure 1674, p. 367). Nous noterons aussi que les écus sculptés sur les clés de voûte sont également entourés de feuilles et de fruits, certainement d’aulne, qui font également référence au patronyme du personnage. Les branches représentées derrière les écus se confondent quant à elles habilement à la forme d’une croix, attribut parahéraldique fréquemment associé aux armoiries religieuses.

Montbrison, chapelle de Louis de La Vernade, cul de lampe aux armes des La Vernade.
Ces mêmes armoiries sont également sculptées sur les retombées de voûtes des angles sud-est et sud-ouest de la chapelle, dans des écus italianisants en forme de chanfreins (armoiries 35d-e). Des traces de polychromie sont visibles sur l’ensemble de ces écus, ainsi que sur les arcs des liernes, mais datent peut-être des campagnes de restaurations réalisées dans la chapelle au XIXe siècle. C’est également de cette période que datent vraisemblablement les écussons sculptés sur les clés des liernes, figurant quatre des attributs des litanies de la Vierge (Guibaud, Monnet, Mermet 2008).
Un autre écusson, aujourd’hui disparu (armoirie 36), accompagnait également l’épitaphe en marbre de la sépulture de la mère de Louis Papon, chanoine de la collégiale en 1530 (Renon 1847, p. 564). La Mure décrit ces armoiries comme mi-parties « d’or à une croix d’azur, le chef endenté de quatre pointes de gueules qui est Papon, et d’azur à un lyon d’or armé et lampassé de gueules, et une fleur de lys d’argent en pointe » (Renon 1844, p. 3), dont l’identité demeure inconnue.
Dans les angles nord-est et nord-ouest de la chapelle, deux écus vierges, stylistiquement clairement distincts du reste du décor, ne peuvent être datés avec précision (armoiries 37a-b). La présence d’écussons de formes quasi identiques et positionnés de la même manière dans les deux chapelles suivantes (chapelle des Manillier et chapelle d’Etienne Renaud), ainsi que les traces de reprises sur les bords des écus, invitent cependant à envisager un probable ajout tardif, lors des restaurations du XIXe siècle.






