Mériel, église Saint-Eloi
église
Fondée au début du XIIe siècle (elle est mentionnée une première fois dans un acte de 1229), l’église Saint-Eloi de Mériel n’était à l’origine qu’une chapelle annexe de l’église de Villiers-Adam. Erigée en paroisse en 1713, elle fit tout de suite l’objet de grands travaux : la nef fut alors reconstruite, tandis que le chœur et le sanctuaire du XVIe siècle furent préservés (Guilhermy 1875, p. 394 ; Foucher 1989, p. 5-6).
Dans la nef, le front des deux autels latéraux est formé par une dalle ornée d’un écusson armorié en relief. Celui sur la droite (côté sud) porte les armes des Villiers de l’Isle-Adam (armorie 1), alors que celui sur la gauche (côté nord), en forme de losange, est chargé de l’armoirie des Nesles (armoirie 2). D’après certains (Foucher 1996a, p. 28), les deux dalles auraient appartenu à un ancien autel démembré et les armoiries auraient identifié Philippe de Villiers, chevalier mort à Malte en 1534. Cette interprétation ne tient pas compte du fait que, par sa forme en losange, le deuxième écu est sans aucun doute à attribuer à une femme (armoirie 2).
Les deux armoiries appartiendraient donc plutôt à Jacques de Villiers († 1471) et Jeanne de Nesles († 1465), parents du susdit Philippe qui étaient enterrés dans l’église de l’abbaye Notre-Dame du Val. Il est par conséquent plausible, à notre avis, que les deux fragments armoriés faisaient partie du tombeau du couple, connu par le biais du relevé réalisé par Luis Boudan pour Gaignières (BnF, Dép. Reserve PE-11A-PET-FOL, fol. 212: Collecta), qui, originairement placé dans l’église de l’abbaye Notre-Dame du Val, fut transporté en 1792 dans l’église de Mériel et encastré dans le carrelage du chœur (Guilhermy 1875, p. 394 ; Foucher 1989, p. 28 ; Id. 1996b, p. 123). Si le côté antérieur du socle était en effet orné par une armoirie mi-partie De Villiers-De Nesles, identifiant le couple, les armories des deux défunts auraient pu tranquillement figurer sur les deux côté du monument, en parallèle aux deux gisants.
A partir de la fin du XVIIIe siècle, l’église Saint-Eloi aurait donc fonctionné comme une sorte de dépôt des éléments héraldiques soustraits à la destruction de l’abbatiale Notre-Dame. Il ne faut pas oublier, en effet, que jusqu’à 1993, l’édifice conservait également quelques stalles et la chaire à prêcheur provenant de l’abbaye Notre-Dame du Val, datés du XVe-XVIe siècle et présentant eux aussi des éléments héraldiques (Foucher 1996a, p. 6-7).





