Mériel, abbaye Notre-Dame du Val (église, mobilier)
Dans l’abbaye Notre-Dame du Val, la mise en signe de l’espace n’était pas assurée seulement par les armoiries représentées sur les éléments architecturaux et sur les tombeaux. Dans l’église abbatiale, le mobilier participait également à cette ornementation de l’espace. Avec la vente de l’abbaye comme bien national en 1791, le mobilier de l’église fut dispersé ou détruit. Seulement la chaire à prêcher et quatre stalles du chœur des moines ont été sauvegardés. Comme quelques-unes des plates tombes émaillant le sol de l’abbatiale, ils ont été d’abord transférés dans l’église Saint-Eloi de Mériel avant 1853 (Le patrimoine 1999, p. 429), où Pierre-Louis Hérard les a vu (Hérard 19012, p. 111 ; Guilhermy 1875, p. 394), puis en partie rapatriés dans les années 1990 (Foucher 1998).
La chaire à prêcher en bois (Hérard 1901, p. 111) est ornée, sur le panneau frontal, d’un écusson qui ne porte malheureusement plus aucune trace de l’armorie qui y était représentée (armoirie 1). Nous pouvons imaginer que l’armoirie de l’abbé qui avait commandité l’œuvre était sculptée ou peinte à cet endroit. Datant de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe, cette chaire est différente de celle qui fut offerte en 1665 par l’abbé Alexandre de Saint-François pour faire « tous les dimanches après la première messe […] une exortation au peuple » (Jean de Saint-Eustache 1636 : Foucher 1998, p. 104).

Miséricorde aux armes de France. Mériel, église Saint-Éloi (jadis dans l’abbatiale Notre-Dame du Val) (photo : Pierre Poschadel, Wikimedia).
De la fin du XVe siècle (Aubert 1947, p. 324), ou plus probablement à notre avis du début du XVIe, datent également les quatre stalles, aujourd’hui réuni à nouveau dans l’église Saint-Éloi de Mériel. L’un d’entre eux présente une miséricorde ornée d’un écusson aux armes de France (armoirie 2), soutenu par deux griffons (Hérard 1901, p. 111 et pl. 6) : la forme en chanfrein de l’écu portant les armes royales, typique de la Renaissance et utilisée en France à partir du début du XVIe siècle, semble confirmer la datation de l’œuvre.





