Poitiers, Maison des trois clous
Entièrement bâtie en pierre de taille, cette maison de plan rectangulaire donne sur Grand’Rue par un de ses cotés courts. Datée du début du XVe siècle, elle tirerait son nom, attesté à partir du XIXe siècle, des trois clous alignés au-dessus de la fenêtre plus haute ouverte dans sa façade. En bas, la façade est percée par une porte en arc brisé qui donne accès à un couloir conduisant à l’escalier qui dessert les étages supérieurs. Une série de fenêtres, superposées sur un même axe, percent la façade et font pénétrer la lumière à l’intérieur. L’ornementation qui les encadre anoblit l’édifice et en renforce l’importance.
Entre les fenêtres du premier et du deuxième étage, une moulure en relief remontant de l’encadrement de la baie inférieure délimite l’espace occupé par une composition héraldique (armoirie 1).
Au-dessus du linteau du deuxième étage se trouve un écusson très abîmé, soutenu par deux anges également très usés par l’action des agents atmosphériques. Aux deux angle supérieurs de l’écu on décèle deux éléments divergents : il s’agit probablement des restes d’une couronne, plutôt que d’un troisième ange soutenant l’écu, comme le pensait D. Hernier-Manson (Hernier-Manson 1968, p. 501). Sur la surface de l’écusson, très érodée, trois fleurs de lys sont encore lisibles (ibid.). La composition héraldique et la nature des tenants nous laissent penser qu’il s’agissait de l’armorie du roi de France (Chergé 1868, p. 164). Si cette présence a été mise en relation avec le prétendu séjour de Charles VII dans cette maison, lors de son passage à Poitiers en 1424 (ibid.), nous pensons qu’elle aurait plutôt marqué un édifice qui abritait un quelque fonctionnaire royal ou un personnage cherchant à montrer bar ce biais sa fidélité à la couronne française (parce qu’il en avait obtenu des bénéfices ou des concession ?).



