Fontaine-le-Comte, abbaye Notre-Dame (bâtiments conventuels)
La reconstruction de l’abbaye de Fontaine-le-Comte à la fin de la guerre de Cent Ans contempla aussi le réaménagement des édifices conventuels, développés au nord de l’église abbatiale (Masson 2012, p. 428-429). Même s’ils furent en grand partie détruits par la suite, des vestiges de cette partie du complexe sont arrivés jusqu’à à nos jours. Érigé perpendiculairement à l’angle nord-ouest de la façade de l’église, le logis abbatial était percé à son milieu par le portail d’accès à la cour interne de l’abbaye.
Sur le côté extérieur, une bretèche soutenue par trois mâchicoulis, permettait de surveiller et défendre l’entrée. Deux écus armoriés la décorent : leur disposition et leur dimension reflètent la volonté d’établir une hiérarchie entre les deux autorités représentées. Malgré l’acte de bûchage qui la frappa vraisemblablement à la Révolution, nous reconnaissons en haut, à la place la plus honorifique, l’armoirie du roi de France timbrée d’une couronne (armoirie 5b), elle aussi très abîmée. Cette armoirie était accompagnée par un écu aux armes d’un abbé (armoirie 7), comme le confirme le pied d’une crosse visible au dessous de la pointe de l’écu. Désormais illisible, cette deuxième armoirie devait appartenir à l’abbé qui avait commandité la construction du logis, vraisemblablement à identifier avec Guy Doucet (Getrude) ou avec un de ses plus directs successeurs puisque le logis abbatial semble dater de la seconde moitié du XVe siècle (Bourgeois 1995).
De la même phase datent les deux armoiries sculptées sur le linteau de la porte de l’ancienne infirmerie (Getrude). Répondant au même principe hiérarchique énoncé dans la mise en signe du portail du logis abbatial, l’armorie du roi de France (armoirie 5c) – encore lisible malgré le bûchage – surmonte un deuxième écusson (armoirie 8), désormais illisible qui, d’après certains, aurait porté les armes de l’abbé Guy Doucet (ibid.). Même si cette attribution nous semble douteuse, le décor ne devrait en tout cas pas avoir été réalisé après la fin du XVe siècle. Il faudra remarquer que la couronne fleuronnée qui surmonte l’écu aux armes du roi a été sculptée dans une pierre différente, probablement parce que plus tendre et facile à travailler.







