Sanxay, église Saint-Pierre
Construite au XIIe siècle, l’église Saint-Pierre de Sanxay a été considérablement transformée au cours des siècles. Des travaux importants furent notamment réalisés aux XVe et XVIe siècles, comme en témoigne une inscription, encastrée dans le mur sud, qui rappelle qu’en l’année 1596 « leiglise et clochier de Sancay fut refaite » (Longuemar 1863, p. 294-295, num. 183). À ce chantier réalisé pour réparer les dommages provoqués par les guerres de Religion, suivit une campagne de restauration qui, en 1884, porta à la reconstruction du clocher et de deux travées voûtées de l’église qui sera finalement inscrite au titre des monuments historiques en 1926 (base POP).

Sanxay, 2glise Saint-Pierre, porte armoriée de la chapelle sud.
Dans le cadre des aménagements réalisés à la Renaissance, deux chapelles seigneuriales furent ajoutées des deux côtés de l’autel majeur. La construction de la chapelle nord, dédiée à Sainte-Marguerite, est attribuée à l’initiative des seigneurs de Marconay (Le patrimoine 2002, p. 498). Pourtant, une sentence arbitrale de 1614, mettant un terme au conflit sur les droits de prééminence dans l’église de Sanxay qui avait opposé François Levesque, seigneur de Marconay, et Philippe Chevalier, seigneur de la Cointardière, mentionne seulement la famille de ce dernier comme donatrice d’une chapelle (De Ferrière 1686, p. 497-498). La clef de la voûte, que l’on dirait avoir était refaite lors de la restauration de l’édifice au XIXe siècle, est ornée d’un écusson (armoirie 1), totalement dépourvu d’enseigne, qui a été percé pour suspendre une ampoule d’éclairage. Cet écu pourrait évoquer un élément armorié plus ancien chargé des armes de la famille qui avait le patronat de la chapelle, les Levesque, qui portaient d’or à trois bandes de gueules (Beauchet-Filleau 1972, t. 6, p. 87). Il est en tout cas impossible de dire à quelle époque cet écu armorié présumé avait pu être mis en place. Nous noterons que l’écusson actuellement visible reprend des formes typiques, dans la région, du XVIe siècle (cf. Chaunay), par sa structure déjà plutôt allongée mais associant un champ carré à un bord inférieur présentant une pointe fortement prononcée.
Sur le côté sud nous trouvons la chapelle dédiée à Notre-Dame du Rosaire, dont les droits de patronage appartenaient à la famille des seigneurs de la Coindardière (Beauchet-Filleau 1868, p. 455). Leur identité était jadis annoncée par l’écusson armorié qui timbrait la porte donnant directement accès à la chapelle de l’extérieur (armoirie 2). Placé au centre de l’accolade, dans un encadrement polylobé juste amorcé, il a été si soigneusement bûché qu’il est aujourd’hui impossible de reconnaître la moindre trace de l’armoirie qui le chargeait. En revanche, à l’intérieur de la chapelle, l’écusson sculpté sur la clef de voûte est encore bien lisible (armoirie 3), même s’il a été mutilé, partiellement bûché et percé pour faire passer des cables électriques.
Dans l’écu chargé de trois clefs posées en pal, l’anneau en bas, nous reconnaissons l’armoirie de la famille Chevalier (Beauchet-Filleau 1895, t. 2, p. 430 ; La semaine 1903, p. 94). Originaires de Saint-Maixent, les Chevalier avaient donné deux abbés au monastère local : Jean (1440-1460) y fit réaliser son tombeau et d’autres travaux dans le transept nord, tout en le timbrant avec les armes familiales surmontées d’une mitre et accolées à la crosse abbatiale. Les Chevalier avaient le patronage et les droits de sépulture dans cette chapelle, dans laquelle on sait que Charles-Anne Chevalier fut inhumé en 1673 (Beauchet-Filleau 1895, t. 2, p. 434).






