Poitiers, église Notre-Dame-la-Petite
Documentée à partir du Xe siècle (Favreau 1978, p. 30), l’église Notre-Dame-la-Petite s’élevait en face du terrain sur lequel sera plus tard construit le palais comtal, édifice duquel elle tirera son autre appellation de Notre-Dame-du-Palais. Un passage surélevé relié à un escalier permettant de traverser les douves du palais fut construit juste devant cette église (« Beata Maria de ante pontem aulae regiae pictaviensis »). En 1083 l’évêque Isembert II donna le prieuré Saint-Paul à l’abbaye de Montierneuf avec les églises qui en dépendaient : parmi celles-ci se trouvait aussi Notre-Dame-la-Petite (Tables 1839, p. 77). À sud de l’église était en outre situé le cimetière dont une portion sera cédée aux franciscains en 1295 pour qu’ils puissent agrandir leur couvent (Crozet 1942, p. 67, num. 275). Dotée de deux nefs, l’église Notre-Dame-la-Petite fut achetée en 1805 par les habitants de la place du Marché et successivement détruite pour y installer une boucherie (Chergé 1872, p. 300).
Comme les autres églises paroissiales de la ville, à partir de la seconde moitié du XVe siècle, Notre-Dame-la-Petite fut investie par l’évergétisme des familles de la bourgeoisie locale, notamment de celles anoblies par le service prêté au corps de ville. Ces interventions étaient accompagnées par l’exposition des armoiries des commanditaires des travaux, qui manifestaient ainsi les mérites acquis par le biais de leur action et revendiquaient certaines droits (tels que le droit de sépulture, le patronat d’une chapelle etc.) dont ils étaient titulaires. D’après les documents d’archives nous apprenons que Jean Guillin († 1518), maire de Poitiers en 1514 (Ledain 1897, p. 497-499), avait fait réaliser une verrière à ses armes (armoirie 1) pour l’église dans laquelle il fut probablement enterré (Beauchet-Filleau 1915, p. 580). Nous savons en effet que son armoirie, que l’on retrouvait aussi dans le cycle héraldique ornant les stalles de l’église des Jacobins, était représentée sur le vitrail placé au dessus de la porte d’entrée de l’église (Thibaudeau 1840, p. 389).


