Anché, château de Villenon
Le château de Villenon, fief relevant du château de Marigny-Chêmerault (Durand, Andrault 1995, p. 312), a été construit en haut du coteau opposé au village de Voulon sur les restes d’un villa romaine (Auber 1841, p. 436-439). La partie la plus ancienne de ce petit manoir daterait du XVe siècle, comme l’indiquent quelques baies du logis (Durand, Andrault 1995, p. 312). Ce dernier se trouve au fond d’une large cour délimitée par des bâtiments à caractère agricole et fermée au sud par un mur de clôture, dans lequel s’ouvrent un large portail et une porte piétonne.
Un écusson armorié a été sculpté en saillie au milieu de l’accolade qui encadre le portail, dont le profil externe est orné de larges feuilles et, aux deux extrémités de deux animaux d’identification incertaine (un loup à droite ?). Déjà daté du XVe siècle (Auber 1841, p. 434), cet ouvrage sera plus correctement reconduit au XVIe siècle, grâce à l’identification de l’armoirie qui le charge. L’écusson est très abîmé mais encore partiellement lisible, aussi grâce à une gravure reproduite dans l’ouvrage de P.-A. Brouillet (Brouillet 1865, pl. 22) (armoirie 1). On y reconnaitrait les armes de la famille de la Béraudière (Durand, Andrault 1995, p. 312 ; Le patrimoine des Communes 2002, p. 220 ; avec une croix engrêlée selon D’Hozier : Paris, BnF, 32261, f. 1171), qui détint le fief à partir de la première moitié du XVIe siècle (Beauchet-Filleau 1891, I, p. 446) et qui écartelaient leurs armes d’or à l’aigle bicéphale de gueules avec une armoirie à la croix ancrée. Elles pourraient appartenir à Philippe de la Béraudière, premier seigneur de Villenon, marié vers 1530 à Françoise de Vivonne, et encore vivant en 1548, ou à son fils François, marié en 1570 avec Adrienne Frotier. La couronne qui surmonte l’écu pourrait faire allusion à la nouvelle seigneurie ou, plutôt, servir de marque de noblesse adoptée sans aucun droit spécifique. Nous observerons cependant que ces mêmes armes écartelées sont reproduites sur une tapisserie de la manufacture royale des Gobelins datant de l’époque de Louis XIV (vente Sotheby’s, 28 juin 2023, lot 394), où elles apparaissent encadrées par les colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit (il s’agit vraisemblablement des armes de François de la Béraudière, nommé chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en 1652 : Béraudière 1687, p. 8).



