Usseau (Tuffeau), château de la Motte
Bâti sur le haut de la colline qui surmonte le village d’Usseau, le château de la Motte fut probablement érigé dans la seconde moitié du XVe siècle ou dans les premières années du XVIe siècle sur le lieu d’une première forteresse datant du XIIe siècle (Le patrimoine 2002, II, p. 882). Plusieurs seigneurs se succédèrent au fil des siècles dans la possession de La Motte de Usseau qui passa, entre autres, à Aimery de Brizay, Geoffroy Boucicaut, Geoffroy et Guillaume du Bec. D’après certains, ce fut ce dernier à bâtir l’édifice actuel dans la seconde moitié du XVe siècle (ibid.). Remanié surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle, quand il fut restauré par la Congrégation de Picpus qui en était propriétaire depuis 1863, le château conserve en grand partie son aspect d’origine, associant les aménagements propres à une structure à fonction militaire (tours avec archères, muraille de défense, etc.) à des éléments plus strictement répondant au confort de ses occupants, tels les grandes salles à l’origine chauffées par des cheminées et agrémentées par des peintures murales, datant de la première Renaissance mais malheureusement perdues (« Répertoire archéologique » 1859-61, p. 324 ; Andrault, Meunier 1998, p. 42), les larges fenêtres à meneaux et cadres moulurés ou, encore, les plafonds avec des poutrages peints (Le patrimoine 2002, II, p. 882).
Des raisons fonctionnelles et décoratives ont clairement inspiré la construction de la tour contenant l’escalier qui dessert les différents étages du logis. La porte d’entrée de la tourelle, passage obligé pour tous ceux qui entraient dans l’édifice, portait les armes du propriétaire (armoirie 1), comme il était habituel à cette époque dans les maisons nobles et bourgeoises. Si le cadre de la porte a été remanié (le linteau et certaines pièces des montants ont été remplacés), l’accolade surmontée par un choux fleuri et terminant à la base en deux figures d’animaux tapis (très abîmées) semble avoir été préservée dans sa forme et dans son emplacement d’origine. L’armoirie, placée au centre du tympan, est inscrite dans un cadre polylobé, dont les extrémités étaient ornées par des éléments fleuris.
Malheureusement, l’état de conservation de la pierre ne permet pas de reconnaître l’armoirie qui y était représentée. En effet, la surface de l’écu est trop abîmée, probablement à cause de l’action des agents atmosphériques sur la pierre tufière, et donc très tendre, plutôt que à cause d’un bûchage réalisé à l’époque de la Révolution. En tout cas, puisque le style et la technique de réalisation du portail et de l’escalier conduiraient à une datation au début du XVIe siècle, il est plausible que l’écu en relief portait les armes des Du Bec, à savoir un fuselé (ou losangé) d’argent et de gueules (Beauchet-Filleau 1891, I, p. 397). Par conséquent, la reconstruction (ou l’achèvement) de la forteresse pourrait être plus tardive de ce que l’on avait jusqu’à présent imaginé et avoir été donc commanditée par Jean du Bec, fils de Guillaume (Dechaussé, Du Fourny 1726, p. 85 ; Moréri 1759, II, p. 288).



