Angles-sur-l’Anglin, chapelle Saint-Pierre
Consacrée au saint titulaire de la cathédrale de Poitiers, la chapelle castrale de Saint-Pierre a été construite au XIe siècle (Durand 1988, p. 205) ou, plus probablement, dans la seconde moitié du XIIe siècle (Lorenz 1965, p. 304 ; Michaud 1994. p. 132), en bordure de falaise, en face de la future entrée principale du château des évêques. Mentionnée dans les documents dès 1211, l’église, qui était protégée par les vestiges de fortification d’époque romane visibles sur le coté est de la motte (Lorenz 1965, p. 307-308), fut reconstruite vers 1330 « subtilis ingenii studioso opere et venusto » (Guérin 1881, doc. CLX, p. 370) en raison de sa vétusté (« propter ipsius vetustatem »).
Les travaux avaient été lancés dans le but de fournir à la population qui habitait tout autour du château une église plus proche que la paroissiale et suffisamment vaste pour contenir le nombre des fidèles (ibid.). En réalité, les œuvres réalisées furent plus modestes de ce que l’on avait initialement prévu et l’édifice ne changea que partiellement son aspect (Bourgeois 2005, p. 20). Contrairement à l’avis de certains (D’Arboval 1914, p. 37), la chapelle resta au service de la familia du château et n’eut jamais durablement le rôle de paroissiale (Bourgeois 2005, p. 20). En effet, elle dépendait de la voisine abbaye Sainte-Croix, dont l’abbé avait le patronage (Beauchet-Filleau 1868, p. 193). D’autres travaux ont été réalisés successivement, telle la construction d’un logis pour les prêtres sur le côté gauche de l’église (Gillard 1926, p. 12).
À la même époque du chantier du château, l’église fit l’objet d’autres aménagements, comme l’indique l’écu armorié sculpté dans une pierre placée au-dessus d’une porte latérale de l’édifice (Lorenz 1965, p. 304 ; Michaud 1994, p. 88, 107) (armoirie 1), condamnée par la suite. L’armoirie et, par conséquent, les travaux éventuellement réalisés lors de sa mise en œuvre dateraient de la seconde moitiés du XVe siècle. L’armoirie pourrait donc appartenir à l’abbé qui avait commandité les dernières œuvres d’aménagement, dont l’identité demeure cependant inconnue en raison du silence des sources, ou bien indiquer l’abbaye qui détenait la juridiction sur la chapelle.



