Caussade, maison (4, rue Gambetta)
Située entre Montauban et Cahors dans le Quercy blanc, Caussade, malgré son emplacement idéalement placée au croisement de deux voies antiques (d’où son nom latin Calciata, chaussée), se développe à la fin du haut Moyen Âge, autour de deux églises : Saint-Gauzy, fondée autour des VIIe-VIIIe siècles, et Notre-Dame-del-Fraysse, prieuré de l’abbaye bénédictine de Moissac. Alors qu’un premier château est édifié au XIe siècle à proximité du prieuré (Viers 2022, p. 26), le bourg se développe considérablement entre les XIIIe et XVe siècle, pour devenir une place commerçante importante en bas-Quercy (ibid., p. 38-39) et ce jusqu’à la Révolution (Galabert, Boscus 1908).

Caussade, maison 4, rue Gambetta, tour d’escalier avec porte armoriée.
Au 4 rue Gambetta, une imposante façade ordonnancée de la fin du XVIIIe siècle cache dans sa cour intérieure un corps de logis plus ancien. Une cage d’escalier contenue dans une tour en briques, sur laquelle est venu par la suite s’appuyer un autre bâtiment, s’ouvre sur la cour grâce à une imposante porte. Cette dernière, en anse de panier, est taillée dans de la pierre calcaire, malheureusement très altérée. Une double voussure repose sur des bases prismatiques. Au-dessus, le tympan comporte un décor richement sculpté, lui aussi dégradé : un écusson (armoirie 1), supporté par deux putti, s’inscrit dans un ensemble architecturé, avec piliers, corniches et entablement. Une coquille à pinacle vient couronner le tout, accostée de deux figures de guerriers à l’antique dont l’une, encore conservée, tient un bouclier ovale de la main gauche et peut-être une lance de la main droite. Certainement peint à l’origine, l’écu sculpté dans la partie inferieure du relief n’est plus lisible aujourd’hui et ne porte plus aucune trace de relief. L’armoirie qui y était représentée reste pour le moment inconnue, puisque le nom du constructeur de cet édifice, qui paraît remonter au premier quart du XVIe siècle, n’est pas connu. Il sera en tout cas intéressant de noter que ce décor, bien que lacunaire, témoigne de la diffusion de modèles ornementaux de la Renaissance, même en ce qui concerne l’art héraldique, en dehors des grands centres urbains et leur appropriation par des élites désireux d’être dans l’air du temps.


