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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Cahors, archidiaconé Saint-Jean

 

Le quartier canonial qui entourait la cathédrale de Cahors à l’époque médiévale, partagé entre l’évêque et le chapitre de chanoines, a été profondément modifié à partir de la fin du XVe siècle quand les principaux dignitaires du chapitre canonial se sont fait bâtir de véritables hôtels particuliers. Parmi ces deniers, il subsiste aujourd’hui celui dit de l’archidiaconé Saint-Jean, classé au titre des Monuments Historiques dans l’ensemble du quartier canonial de la cathédrale par arrêté en date du 30 novembre 2020 (base POP). L’hôtel se compose d’un logis avec deux ailes en retour d’équerre et d’un corps d’entrée sur la rue de la Chantrerie, qui enserrent une cour, séparée de celle des chanoines par un mur de clôture démoli en 1926. L’aile sud conserve des éléments d’un bâtiment antérieur. À la jonction des deux corps du logis, se trouve la cage d’escalier. Ce dernier, conçu rampe sur rampe avec quartiers tournants voûtés d’ogives, est un des tout premier témoignage de l’insertion dans le bâtiment de l’escalier, dispositif qui remplace le traditionnel escalier en vis disposé dans une tourelle accolée au corps de logis (Tollon 1993). Sur la cour, la porte d’entrée et les fenêtres à meneaux de l’aile sud et de l’aile ouest présentent un abondant décor sculpté de la Renaissance avec des rinceaux peuplés de putti, des bobines et des candélabres, des bustes en médaillon.

Cahors, archidiaconé Saint-Jean, façade avec porte armoriée.

La construction de cet hôtel est attribuée à Gilibert de Massaut, grand archidiacre du chapitre depuis environ 1520 jusqu’à sa mort en 1543. Nous en trouvons la confirmation dans les armoiries sculptées au-dessus de la porte d’entrée (armoirie 1a) – où elles figurent dans un écu en chanfrein soutenu par deux personnages à peine lisibles (deux putti ?) – ainsi que sur un culot dans la cage d’escalier (armoirie 1b). Même si les deux écussons ont été bûchés, nous pouvons encore aisément reconnaître aux 1 et 4 la présence d’une armoirie plaine et aux 2 et 3 celle d’une armoirie au lion (passant dans le deuxième quartier, mais rampant, probablement sous la contrainte de la forme de l’écu, dans le troisième). L’identité de l’armoirie est confirmée par le fait qu’elle figure encore de nos jour aussi dans le château de la Grézette (base POP), proche de Cahors, propriété des Massaut. Si les armes de cette famille ne sont pas décrites dans l’armorial quercynois de Louis Esquieu (1907, p. 196-197, num. 493), cette lacune a été plus récemment comblée grâce justement à la « découverte » des écus armoriés représentés dans le château (Séraphin 2014, p. 229).

Relief aux armes de Gilibert de Massaut. Cahors, archidiaconé Saint-Jean, façade.

Par ailleurs, une confirmation indirecte de l’attribution des travaux de construction à l’initiative de Gilibert de Massaut dans les années 1525-1528 vient des analyses dendrochronologiques réalisées en 2004 dans l’hôtel de Cahors, qui ont montré que le bois d’œuvre a été coupé en 1525-1526, 1526-1527 puis en 1527-1528 (base POP).

Les armes de Gilibert de Massaut ne sont pas les seuls vestiges héraldiques visibles dans l’archidiaconé Saint-Jean. Dans le mur extérieur du corps d’entrée de l’archidiaconé, bâti en briques, est en effet insérée une pierre calcaire ornée d’un écusson protégé d’un larmier (armoirie 2), qui n’a pas pu être identifié en raison de son état de conservation – la pierre a été totalement bûchée – et de l’absence de descriptions datant d’avant son endommagement.

Auteur : Emmanuel Moureau

Pour citer cet article

Emmanuel Moureau, Cahors, archidiaconé Saint-Jean, https://armma.saprat.fr/monument/cahors-archidiacone-saint-jean/, consulté le 27/05/2024.

 

Bibliographie études

Esquieu Louis, Essai d’un armorial quercynois, Paris-Cahors 1907.

Séraphin Gilles, Donjons et châteaux du Moyen Âge dans le Lot, Portet-sur-Garonne 2014.

Tollon Bruno, « Cahors, l’archidiaconé Saint-Jean », dans Congrès archéologique de France, 147, Quercy, Paris 1993, p. 87-98.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Cahors, archidiaconé Saint-Jean. Armoirie Gilibert de Massaut (armoirie 1a)

Ecartelé : au 1 et 3, d’(azur) plain ; au 2 et 4 d’(argent) au lion passant d’(azur).

  • Attribution : Massaut Gilibert de ; Armoirie bûchée
  • Tenants / Supports : Deux putti
  • Position : Extérieur
  • Étage : Rez-de-chaussée
  • Pièce / Partie de l'édifice : Façade
  • Emplacement précis : Porte d'entrée
  • Support armorié : Entablement
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Relief en pierre
  • Période : 1526-1550
  • Dans le monument : Cahors, archidiaconé Saint-Jean

Cahors, archidiaconé Saint-Jean. Armoirie Gilibert de Massaut (armoirie 1b)

Ecartelé (au 1 et 3, d’azur plain ; au 2 et 4 d’argent au lion passant d’azur).

  • Attribution : Massaut Gilibert de ; Armoirie bûchée
  • Position : Intérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Cage d’escalier
  • Emplacement précis : Arc
  • Support armorié : Cul-de-lampe (culot)
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Sculpture en pierre
  • Période : 1526-1550
  • Dans le monument : Cahors, archidiaconé Saint-Jean

Cahors, archidiaconé Saint-Jean. Armoirie bûchée (armoirie 2)

De…

  • Attribution : Armoirie bûchée ; Armoirie illisible
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Mur exterieur
  • Emplacement précis : Mur
  • Support armorié : Pierre sculptée
  • Structure actuelle de conservation : In situ
  • Technique : Sculpture en pierre
  • Période : 1526-1550
  • Dans le monument : Cahors, archidiaconé Saint-Jean

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