Bar-sur-Aube, église Saint-Maclou
Le comte de Champagne, Henri Ier le Libéral (1127-1181), transforma une ancienne chapelle dépendant de Sainte-Germaine avant 1160 (Blampignon 1900, p. 122) en église de plein exercice administrée par des chanoines réguliers (Béthune 1995, p. 7). Avant d’être dédiée à Maclou, grâce à l’arrivée d’une relique du saint breton, le lieu était placé sous la protection de saint André. La nef et les bas-côtés furent élevés au XIIe siècle, le chœur au XIVe et la façade en 1740 ; la grosse tour fut réunie à l’église au XIIIe par l’adjonction d’une sacristie (Liez 2016, p.15-16). Fermée depuis le milieu des années 1950 en raison de son mauvais état général, l’église bénéficie actuellement (2020) d’une restauration de grande ampleur qui permettra une réouverture prochaine.

Plate tombe de Jean de Monstier. Bar-sur-Aube, église Saint-Maclou (base POP).
Le nom d’un doyen de Saint-Maclou nous est resté grâce à l’empreinte de son sceau conservé aux Archives départementales de Haute-Marne (24 Fi 112). Il s’agit de Pierre de Bar (v. 1185-1252) qui devint cardinal en 1244 (Liez 2016, p. 14).
La mise en signe héraldique de l’église était confiée, d’après ce que nous pouvons aujourd’hui établir, aux armories représentées sur les tombeaux qui incrustaient le sol de l’édifice (Arnaud 1837, p. 203). Deux plates tombes, datant du XVe siècle, sont connues aussi par des estampes publiées par Anne-François Arnaud (Arnaud 1837, pl. entre p. 201-203). La première est celle d’un membre de l’illustre famille de Monstier présente à Bar-sur-Aube et à Chaource, ville dépendant aussi, autrefois, de l’évêché de Langres. Il s’agit de la sépulture de Jean de Monstier († 21 janvier 1443), capitaine de Bar-sur-Aube qui précéda Gillebin de Pons à cette charge (base POP). Son épouse, Colette de Marisy († 07 mai 1426), est inhumée avec son époux, mais son armoirie n’est pas représentée. De même, Seul le gisant de l’époux est représenté sur la dalle : richement vêtu d’une tunique bordée de fourrure, les pieds reposant sur deux lions miniatures, symbole de force, est accompagné par deux écus à ses armes figurés de part et d’autre de sa tête (Palasi 2008, t. 2) (armoiries 1a-b).

Plate tombe de Gillebin de Pons. Bar-sur-Aube, église Saint-Maclou (base POP).
La seconde pierre tombale montre un cadavre déjà bien rongé par la mort où le ventre béant exhibe ses intestins. Une inscription menaçante figure sur phylactère sortant de sa bouche et s’adresse aux vivants : « sum quod eris, quod es eram pro me precor ora » (« je suis ce que tu seras, ce que tu es je fus, prie pour moi »). Cette représentation n’est pas sans rappeler celle d’Émond de Gennes († 01 mars 1537) à Montier-en-l’Isle. Comme l’inscription gravée sur le bandeau encadrant le gisant l’explique (base POP), cette tombe abrite le corps du susmentionné Gillebin de Pons († 1447), capitaine de Bar-sur-Aube et seigneur de Rennepont, village haut-marnais situé à 18 km de Bar-sur-Aube, de son épouse Catherine du Four († 1428 ?), et de leur fils, Jehan de Pons († 13 avril 1471), prévôt de Bar. Les armes de Gillebin (armoirie 3) et de sa femme (armoirie 2) sont gravées d’une part et d’autre du crane du squelette ornant la plate tombe. Curieusement les armes du mari se situent à senestre et celles de la femme à dextre. Les deux écus armoriés gisent sur un second phylactère portant l’inscription « requiescant in pace » qui réunit les époux pour l’éternité.
A titre de curiosité nous signalons que les armoiries des De Pons ont été reprises par la commune de Rennepont en changeant seulement l’émail des étoiles qui reprend celui de la bande (argent) (Palasi 2008, t. 2, num. 2034).







