Paris, commanderie Saint-Antoine (Petit-Saint-Antoine)
Strictement lié aux Antonites, Charles V leur avait donné en 1361, quand il était encore dauphin, une maison située entre la rue Saint-Antoine et celle du Roi de Sicile, dans la paroisse de Saint-Paul, pour qu’ils soignent les malades d’ergotisme (Raunié 1890, p. 110). Si une commanderie hospitalière s’installa effectivement à cet endroit dès 1366, la fondation de l’église par le roi ne date que de 1371 (ibid., p. 111, note 1). Ce fut toutefois Hugues de Châteauneuf, commandeur de Flandre et de Paris entre 1375 et 1417, qui porta à terme les travaux de l’édifice et de l’hospice annexe (Sandron 2001, p. 92). Consacrée en 1442 d’après le témoignage d’une inscription perdue (De Breul 1639, p. 742), l’église était de dimensions modestes : formée d’un vaisseau unique culminant dans une abside pentagonale, elle était couverte par un toit en charpente. La commanderie fut supprimée en 1615 et à sa place fut installé un séminaire pour les jeunes religieux de l’ordre (Gabourd 1864, p. 228). Vendus comme biens nationaux en 1798, l’église et le monastère ont été partiellement détruits en 1804, puis totalement rasés en 1865 (Raunié 1890, p. 112).

Truschet et Hoyau, Plan de Paris (vers 1550), détail avec le Petit-Saint-Antoine.
Les statues des fondateurs, Charles V et Jeanne de Bourbon sa femme, étaient placées dans les embrassements du portail d’entrée, d’un côté et d’autre d’une statue de saint Antoine, située sur le trumeau central (Raunié 1890, p. 111, note 4), tandis que les armoiries d’Hugues de Châteauneuf, étaient gravées sur un contrefort à l’extérieur de l’église (Fréchet 1989, p. 11) (armoirie 1). Le sol de l’église était émaillé de tombeaux dont, pour la plupart, nous ignorons s’ils portaient les armoiries des défunts. Les plus anciens, datant du XVe siècle, étaient placés dans la nef. Les sources rappellent celui de Pierre de Bar († 1415), roi d’armes du roi de Navarre, et de sa femme Lucie ; celui de Pierre de Maignac († 1425) et de sa femme Mairie Alory († 1436) ; celui de Jean Piédefer († 1452) et de Marie Barbery († 1409), sa femme. Le tombeau de Guillaume de Neauville († 1438) et de Marguerite de Marades († 1416), sa femme, était en revanche placé devant la chapelle Sainte-Marguerite (Raunié 1890, p. 117 et ss.). Sur le pilier séparant les deux arcades servant d’entrée à la chapelle Saint-Claude, une pierre inscrite avec les épitaphes de Charles († 1504) et de Pierre († 1532) de la Vernande portait également quatre écussons aux armes de la famille (Raunié 1890, p. 124) (armoiries 2a-d).



