Asnois, église Saint-Hilaire
Documentée à partir de 1096 parmi les dépendances de l’abbaye de Charroux (Brouillet 1865, p. 74), l’église Saint-Hilaire d’Asnois présentait à l’origine une seule nef. Cette dernière fut doublée entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle quand l’édifice fut intégralement rénové, comme nombre d’autres églises de la région, peut-être pour réparer aux dégâts provoqués pendant la guerre de Cent Ans et pour l’adapter au goût architectural de l’époque. À cette phase appartient la réalisation du portail d’entrée en style flamboyant, l’ouverture de la baie qui éclaire le chevet et la couverture des trois travées de la nef et de celle du chœur par des voûtes d’ogive, dont les nervures soit sont directement amorcées dans le mur gouttereau sud et dans les demi-colonnes adossées aux piliers qui séparent la nef du collatéral nord, soit retombent sur des culs de lampe.
Notamment, une des nervures de la voûte sous clocher repose sur un culot orné d’un écusson en relief, sur lequel aucune trace d’armoiries n’est malheureusement plus lisibles (armoirie 1) : il aurait pu porter les armes (peintes ou sculptées) de la famille qui détenait le droit de sépulture dans l’église et/ou qui avait financé les travaux de renouvellement. Un deuxième écu armorié est conservé sur la clef de voûte de l’abside du bas-côté nord (armoirie 2), avec le chef orienté en direction de la baie orientale. Il est inscrit dans un cadre circulaire dont le profil extérieur est orné de feuilles de chou frisées : une tête masculine est représentée sur le côté ouest, dans l’espace compris entre les deux nervures. Même si la surface de l’écu a été martelée, il est encore possible d’y reconnaître le profil de trois fleurs de lys, disposées 2 et 1. Il s’agit des armes du roi de France, comme déjà l’indiquait Pierre-Amédée Brouillet (1865, p. 74) : une constante dans la mise en signe héraldique des églises de la région après la guerre de Cent Ans, qui pourrait constituer un signe de la fidélité des communautés locales à la couronne. Le bûchage doit être survenu à la Révolution et démontre à quel point la destruction des armes fleurdelisées fut systématique par rapport à celle bien plus inconstante d’autres armoiries dépourvues de fleurs « royales ».





