Saulgé, château de Beaupuy
Appartenant à la baronnie de Montmorillon, le château de Beaupuy passa à la fin du XIVe siècle à la famille de Blom (ou Blaon, Blahon, Blaom, Bloon) qui en conserva la propriété jusqu’au XVIIIe siècle. La construction de la forteresse actuellement visible, fortement remaniée au XIXe siècle, aurait débuté en 1428, quand Charles VII octroya à Jehan II de Blom l’autorisation à fortifier son fief ; l’information, transmise par une source manuscrite tardive, demeure cependant invérifiable (Durand 1986, p. 53). Quoi qu’il en soit, la construction de l’édifice était achevée en 1469, car à cette date un document cite l’ « hostel fort et hebergement de Beaupuy envyronné de dovhez et pont levys et de mourailles à creneaulx » (Durand 1986, p. 53).
Le complexe, qui serait par conséquent à dater autour du milieu du XVe siècle, est dominé par le grand logis destiné principalement à une fonction résidentielle, la fonction militaire étant confiée exclusivement à l’enceinte et aux autres structures défensives externes (Durand 1986, p. 59), comme c’était le cas, un peu plus tard mais dans la même zone, au château de Bourg-Archambault. La tourelle d’escalier, placée au centre de la façade ouest, présente une porte d’accès très soigneusement travaillée, avec des piédroits posés sur des bases prismatiques surmontées de pinacles décorés de choux. Dans l’accolade surmontant la porte se trouvait un écusson penché et timbré d’un casque, peut-être surmonté d’un cimier (armoirie 1). L’écu a été bûché – probablement à la suite des ordonnances revolutionnaires qui imposèrent la destruction de toute figuration héraldique – et aucune trace de l’armoirie originelle n’est désormais lisible. Il devait vraisemblablement porter les armes des Blom de Beaupuy, propriétaires de l’édifice, d’argent au sautoir de gueules accompagné de quatre croisettes du même (Beauchet-Filleau 1891, p. 552), mais aucune attestation documentaire ne permet de vérifier cette hypothèse.
L’armoirie sculptée sur le portail représentait manifestement le seul élément héraldique dans le décor extérieur de l’édifice. Tout en adoptant une solution très commune à l’époque dans la mise en signe de l’espace résidentiel, la figuration était placée dans un passage obligé à toute personne qui se rendait dans le logis, dont les étages étaient justement desservis par l’escalier qui se trouvait dans cette tourelle. De cette manière, la visibilité de l’image héraldique était assurée, tout comme sa fonction d’élément marqueur de propriété.




