Rennes, tour Saint-Yves
La ville de Rennes était protégée par trois enceintes. La première englobait la cité tardo-antique. Puis, au XVe siècle, deux campagnes de travaux étendirent l’enceinte urbaine à l’est (1421-1448), formant la Ville Neuve, ainsi qu’au sud de la Vilaine (1449-1476), formant la Nouvelle Ville.
Localisée à l’ouest de la ville sur un îlot entre les rives nord et sud de la Vilaine, la tour Saint-Yves était aussi désignée sous le nom tour Saint-Denis ou de tour des Arches de Vilaine (Banéat 1904, p. 201), en référence aux arches permettant le passage du fleuve. Elle ne doit pas être confondue avec une autre tour des Arches, faisant référence à la tour de Luxembourg, située quant à elle à l’opposé à l’est, au point d’entrée du fleuve dans la ville.
Construite en 1453 et totalement détruite vers 1783 (Banéat 1904, p. 202), la tour Saint-Yves présente un plan circulaire. Une représentation de 1543 (Paris, BnF, dép. Cartes et plans, GE EE-146 (RES)) la montre pourvue d’un toit en poivrière et de mâchicoulis sur consoles, ainsi que d’archères canonnières à sa base. Le devis établi pour sa construction précise en outre l’adjonction « d’un paveillon couvert en ardoises » avec « un toupin plommé et une bannière […] au sommet » (Leguay 1969, p. 188), qui devait être ornée des armes ducales (armoirie 1). Même si on ne retrouve pas la trace de cette bannière sur les figuration plus tardives de l’édifice, notamment sur le plan d’Argentré de 1616 (Rennes, AM, 1 Fi 42) qui donne seulement à voir un épi de faîtage, nous n’avons pas de raison de douter de sa présence. Ce décor armorié répété à de très nombreuses reprises sur les portes et sur les girouettes des autres tours de l’enceinte venait en effet souligner la domination ducale sur la cité rennaise.



