Rennes, tour de Plaisance
La ville de Rennes était protégée par trois enceintes. La première englobait la cité tardo-antique. Puis, au XVe siècle, deux campagnes de travaux étendirent l’enceinte urbaine à l’est (1421-1448), formant la Ville Neuve, ainsi qu’au sud de la Vilaine (1449-1476), formant la Nouvelle Ville.
Aujourd’hui détruite, la tour de Plaisance, érigée en 1455, était située au sud-est de la troisième enceinte, pour protéger la porte Blanche. De forme circulaire, elle mesurait environ 13,5 mètres de haut pour 10,5 mètres de large (ibid., p. 343). Elle a porté au cours de son histoire les noms de tour de Bourgbarré, mais aussi de tour Uguet en référence au connétable de Rennes Pierre Uguet détenteur du terrain sur lequel elle s’élevait au XVe siècle, puis de tour Meslin du nom de son propriétaire en 1484, de Gasnier du nom du bourreau de la ville qui y résidait au XVIIIe siècle, et de tour du Guesclin au XIXe siècle (Banéat 1904, p. 342), en référence au célèbre connétable de France qui défendit la ville lors du siège de 1356-1357.

Théophile Busnel d’après Canzé, Rennes les tours et le pont de Porte-Blanche en 1790, Rennes, musée de Bretagne, inv. 2017.0000.1153.
Le devis rédigé lors de sa construction fait état, pour la toiture, de toupins « plomés » (à savoir en plomb) et d’une bannière (Leguay 1969, p. 189), qui devait porter les armes de Bretagne (armoirie 1). Cet ornement n’apparaît cependant pas sur le plan d’Argentré de 1616 (Rennes, AM, 1 Fi 42), ni sur le dessin de Busnel (Rennes, musée de Bretagne, inv. 2017.0000.1153). La présence de cet emblème, que l’on retrouvait à de nombreux autres endroits de l’enceinte urbaine de Rennes, visait à mettre en exergue l’autorité ducale sur la cité.


