Rennes, porte Saint-Michel
La porte Neuve, qui prit le nom de porte Saint-Michel en référence à un ancien prieuré situé à proximité (Banéat 1904, p. 572), était située au nord-est de l’enceinte de la Vieille Ville, sur l’actuelle place Rallier du Baty, entre le Vieux Chastel ducal et le point de jonction avec la seconde enceinte de la Ville Neuve à l’est. Peut-être localisée à l’emplacement d’une porte antique (Le Boulch 2020, t. 1, p. 137), elle remplaça la porte Chastelière dont les pierres servirent à sa construction (ibid., p. 235). Comme on peut le voir sur le plan d’Argentré (1616 : Rennes, Musée de Bretagne, inv. 2016.0000.3600) et le plan Hévin (vers 1665 : Rennes, Musée de Bretagne, inv. 2016.0000.3600), l’ouvrage, totalement démoli en 1868 (Banéat 1904, p. 573), prenait la forme d’une entrée encadrée par deux grosses tours précédées par un boulevard d’artillerie.

Porte Saint-Germain, dans Rennes, AM, 1 Fi 42, Plan de Rennes, ville capitale de Bretagne et siège du Parlement 1616, fac similé, 1618.
Un première phase de travaux est réalisée en 1425-1427 (ibid., p. 276) et se conclue en 1428 par l’ajout d’une image de saint Michel, sûrement une petite statue (Leguay 1969, p. 131). La porte aurait finalement été reconstruite au milieu du XVe siècle à partir de matériaux issus du Vieux Chastel alors démantelé en partie (Le Boulch 2020, t. 1, p. 372). C’est probablement lors de cette seconde campagne de construction qu’aurait été apposé un décor emblématique, décrit par un compte des miseurs de 1552. Celui-ci précise qu’il était formé d’un écu en bannière aux armes de Bretagne, accosté par deux lions tenant un guidon, le tout doré (« un escu à bannière semé de hermynes avecques ung guydon porté par deux lions autrefoiz dorés de tout en tout » : Banéat 1904, p. 552) (armoiries 1a-b).
La porte Saint-Michel a visiblement été réaménagée aux XVIIe-XVIIIe siècles, puisque le plan Forestier (1726 : Rennes, AM, 1 Fi 45) montre désormais les tours avec une base carrée.


