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ARmorial Monumental du Moyen-Âge
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Rennes, porte Blanche

 

La porte Blanche ou de Villeblanche est intégrée à la troisième enceinte de Rennes protégeant la Nouvelle Ville au sud de la Vilaine. Située au sud-est, à l’emplacement actuel de la rue Saint-Hélier, elle aurait été détruite vers 1780 pour faciliter la circulation (Ogée 1853, p. 471 ; Le Boulch 2020, t. 1, p. 45). Un dessin de Canzé en 1790 (Rennes, musée de Bretagne, inv. 2017.0000.1153) montre cependant que le gros de la structure est encore en place à cette date. La porte était constituée d’un châtelet encadré par deux tours circulaires et précédé par un boulevard d’artillerie. Elle possédait une porte charretière et une entrée pour les piétons, auxquelles on accédait par un pont dormant (ibid., p. 287, 298). Le devis établi en 1449 évoque pour les tours un diamètre de 12 mètres et une hauteur totale de 16 mètres. Les travaux sont probablement achevés en 1452, date à laquelle la porte est baptisée par le duc, comme nous l’apprend une inscription relevée en 1769 : « Pierre, prince d’un grand renom, Le derrain jour, fin de septembre, A cest portail donna ce nom… Comme il remembre, Dessus était écrit mil quatre cent Que fut cinquante et deux ans » (Ogée 1853, p. 471). Le chantier est au plus tard terminé, en 1454, lorsque la porte est peinte (Le Boulch 2020, t. 1, p. 287).

Cette dernière mention renvoie d’ailleurs peut-être à la mise en couleur du décor héraldique. Les comptes des miseurs signalent effectivement la présence d’une fenêtre étroite pour mettre une ymage et un timbre (Leguay 1969, p. 174). Leguay pense qu’il s’agit de panneaux vitrés armoriés, qui sont justement attestés sur la fenêtre surmontant l’entrée, d’après un compte de 1598 (Banéat 1904, p. 274). Toutefois, il n’est pas certain que les deux mentions soient liées entre elles, d’autant plus que l’on peut aussi envisager de possibles remaniements entre les deux dates. Le terme ymage reste ambigu, puisqu’il renvoie habituellement à de la sculpture et souvent à de la statuaire. Il pourrait indiquer ici la présence d’une statue de saint placée dans une niche ou bien, mais moins probablement, une armoirie. Le mot « timbre » quant à lui fait sans doute référence à la présence d’un heaume à cimier venant timbrer l’écu (armoirie 1 ?). Il s’agit donc vraisemblablement d’un décor sculpté, similaire à celui que l’on observe sur les autres portes rennaises, et donc possiblement orné des armes de Bretagne. Cependant, selon Gilles de Languedoc (1640-1731), greffier de la ville qui écrit à partir des archives municipales, la porte aurait été décorée de deux écussons aux armes d’Henri de Villeblanche († 1461) (armoiries 2a-b) (ibid. ; Leguay 1969, p. 174).

Porte Blanche, dans Rennes, AM, 1 Fi 42, Plan de Rennes, ville capitale de Bretagne et siège du Parlement 1616, fac similé, 1618.

L’absence des armes ducales dans cette description paraît surprenante au regard de l’emblématisation du reste de la ville. Cependant, Henri de Villeblanche joue un rôle important autant à l’échelle locale qu’à l’échelle du duché breton. Nommé grand maître d’hôtel de Bretagne en 1451, il a aussi occupé la charge de lieutenant (1442-1450), puis de capitaine (1450-1459) de Rennes (ibid., p. 320). C’est donc lui qui a été en charge de l’extension de l’enceinte urbaine et des travaux de la porte Blanche à laquelle il aurait donné son nom. Henri finance également la construction de la chapelle Saint-André à la cathédrale (Ogée 1853, p. 472), dans laquelle il fait élever un tombeau à gisant. Par ailleurs, son influence est encore renforcée en 1460, lorsque son neveu Guillaume, marié à une bâtarde du duc Arthur III, est investi comme second connétable de la ville, en charge des portes de Champ-Dolent, de Toussaints, de Villeblanche et de la poterne aux Arches (Leguay 2009).

Le dessin exact des armoiries affichées sur la porte Blanche pose quand même question. En effet, la maison de Villeblanche porte de gueules à la fasce d’argent accompagnée de trois hures de saumon de même. Toutefois, le tombeau d’Henri montre qu’il utilise aussi différentes combinaisons d’armoiries, et notamment des armes écartelées avec celles de son épouse Renée de Bagaz (Mauguin 2026, p. 1192).

Auteur : Thibaut Lehuede

Pour citer cet article

Thibaut Lehuede, Rennes, porte Blanche, https://armma.saprat.fr/monument/rennes-porte-blanche/, consulté le 15/05/2026.

 

Bibliographie études

Banéat Paul, Le Vieux Rennes, t. 1, Rennes 1904.

Le Boulch Matthieu, Rennes, fabrique et formes de la ville, 1420-1720, thèse de doctorat, dir. G. Aubert, P.-Y. Laffont, Université Rennes 2, 2020.

Leguay Jean-Pierre, La ville de Rennes au XVe siècle à travers les comptes des Miseurs, Paris 1969.

Leguay Jean-Pierre, « Chapitre 5. Les hommes de pouvoir : officiers, conseillers, magistrats », dans Vivre dans les villes bretonnes au Moyen Âge, Rennes 2009, p. 229-269.

Mauguin Michel, Armorial de Bretagne Compilation – version mars 2026, en ligne (https://finistherald.fr/Armorial-de-Bretagne-compilation.pdf).

Ogée Jean-Baptiste, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 2, Rennes 1853.

Photographies du monument

Armoiries répertoriées dans ce monument

Rennes, porte Blanche. Armoirie Bretagne ? (armoirie 1 ?)

(D’hermine plain ?).

  • Attribution : Bretagne Pierre II de ; Bretagne de
  • Cimier : Un lion à queue fourchée ? sur un chapeau de tournoi ?
  • Timbre : Un heaume
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Porte urbaine
  • Emplacement précis : Inconnu
  • Support armorié : Inconnu
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue
  • Technique : Inconnue
  • Période : 1451-1475
  • Dans le monument : Rennes, porte Blanche

Rennes, porte Blanche. Armoirie de Villeblanche (armoirie 2a)

(De gueules à la fasce d’argent accompagnée de trois hures de saumon de même ?).

  • Attribution : Villeblanche Henri de
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Façade ; Porte urbaine
  • Emplacement précis : Mur
  • Support armorié : Inconnu
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue
  • Technique : Inconnue
  • Période : 1451-1475
  • Dans le monument : Rennes, porte Blanche

Rennes, porte Blanche. Armoirie de Villeblanche (armoirie 2b)

(De gueules à la fasce d’argent accompagnée de trois hures de saumon de même ?).

  • Attribution : Villeblanche Henri de
  • Position : Extérieur
  • Pièce / Partie de l'édifice : Façade ; Porte urbaine
  • Emplacement précis : Mur
  • Support armorié : Inconnu
  • Structure actuelle de conservation : Pièce disparue
  • Technique : Inconnue
  • Période : 1451-1475
  • Dans le monument : Rennes, porte Blanche

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