Saint-Antonin-Noble-Val, couvent des Cordeliers
Le couvent des Frères Mineurs de Saint-Antonin-Noble-Val est fondé en 1227 (Moulenq 1880, p. 415) à l’extérieur de l’enceinte urbaine, près de la porte Rodanèse, qui prit également le nom de porte des Cordeliers (Guide 1946, p. 104). Un document de 1779, postérieur à sa destruction, le situe plus précisément « à l’entrée de la ville au bas de la côte de Rodanese (…) vis à vis et au-delà du fossé de la ville » (AC Saint-Antonin, CC150, num. 2 : Rivals 2015, p. 174). Ville des bords de l’Aveyron, fondée autour d’une abbaye bénédictine attestée au début du IXe siècle, Saint-Antonin-Noble-Val prospère grâce au commerce des draps et à de nombreuses foires et une charte de coutumes est accordée à ses habitants par les vicomtes du lieu, entre 1140 et 1144 (Éclache 1993, p. 158).
Les connaissances actuelles sur cet établissement de Mendiants sont succinctes, puisque les bâtiments qui le formaient ont été ruinés lors des guerres de Religion et les archives du monastère entièrement détruites en 1562 (Moulenq 1880, p. 415). Bénéficiaire d’une donation de la part d’Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, il est mentionné en 1283 (Rivals 2015, p. 174). Puis, en 1334, Guillaume de Valentrès effectue un legs pour la subsistance des moines et pour le luminaire de leur église (Moulenq 1880, p. 415). Une somme de 10 livres est également accordée aux frères mineurs en 1464-1465 pour la reconstruction ou la restauration de l’édifice de culte (Julien 1983, p. 139).

Saint-Antonin-Noble-Val, clé de voûte armoriée erratique (jadis couvent des Cordeliers ?).
De cet édifice disparu proviendrait une clé de voûte armoriée sortie de terre en 1982 lors de la construction d’un bâtiment commercial, à l’emplacement jadis occupé par le jardin du couvent, (Fau 1982, p. 21). Aujourd’hui conservée dans les collections du musée de la ville, elle était vraisemblablement insérée dans une voûte sexpartite. Elle présente en son centre un écusson sculpté en relief, avec un château à trois tours et une porte en partie basse (armoirie 1). À l’intérieur de la fenêtre de la tour centrale, des traces d’azur sont visibles : elles pourraient appartenir au champ de l’armoirie qui, malheureusement, n’a pas été à ce jour identifiée. Elles pourraient appartenir à une famille de La Tour ou bien à la ville de Saint-Antonin-Noble-Val, qui porte, à l’époque moderne, un parti présentant, à senestre, un pont à trois tours surmonté d’un chef de France à trois fleurs de lis (Paris, BnF, ms. Fr. 32241, p. 362).
Nous remarquerons que l’écu armorié est accolé de quatre petits motifs sculptés en relief, dont seulement trois sont en partie lisibles : une tête d’homme barbu (à dextre), une coquille Saint-Jacques (en bas) et, peut-être, un autre écu (en haut).


