Saint-Lô, hôtel de la Petite Abbaye
L’abbaye Sainte-Croix possédait un hôtel situé à l’intérieur des fortifications de la ville de Saint-Lô, destiné à offrir aussi un abri aux chanoines en cas de nécessité. Implanté dans la paroisse de Saint-Georges, rue du château (Lepingard 1894, p. 31), il est mentionné et brièvement décrit dans une déclaration des revenus et rentes de l’abbaye datée de 1634. Le document précise que la résidence, alors désignée sous le nom de « manoir de la Petite Abbaye », se composait d’une maison d’habitation, derrière laquelle se trouvait un jardin, d’une chapelle, des granges et des stalles ainsi que de différentes pièces de terre (Dubosc 1882, p. 25, 54). En 1674, l’ensemble appartenait à Jean Le Soudain, avocat au bailliage et vicomté de Saint-Lô (Lepingard 1894, p. 19, 31).

Clef de voûte aux armes de l’abbaye Sainte-Croix. Saint-Lô, Musée d’art et d’histoire (© Musée d’art et d’histoire de Saint-Lô).
Miraculeusement épargné par les bombardements de juin 1944 (Leclerc 2003, p. 54), l’oratoire de l’hôtel de la Petite Abbaye fut pourtant détruit en 1949 par les services de la Reconstruction (base POP), malgré les demandes formulées aux autorités en faveur de sa préservation (Leclerc 2003, p. 54). Une clef de voûte ornée d’un écusson aux armes de l’abbaye, aujourd’hui conservée au Musée d’art et d’histoire de Saint-Lô (inv. 1959.05.001), constitue, avec une seconde clef de voûte que nous n’avons cependant pas pu identifier, l’unique vestige de l’édifice disparu (Leclerc 2003, p. 54). Datée du XVe ou XVIe siècle (Trésor des abbayes 1979, p. 177, num. 216), elle fut récupérée des décombres par M. Lebourgeois avant l’automne 1949 (Séance du 10 octobre 1949, p. 1, 4) et fut initialement déposée dans le souterrain creusé par les Allemands sous l’Enclos (base POP). Lors de l’ouverture du musée provisoire dans les locaux de l’hôtel de Ville en 1959, elle intégra les collections municipales (Claire Jupille, communication orale) au sein desquelles figurait déjà, au début du XXe siècle, un moulage de l’œuvre en « double exemplaire (Guillot, Du Boscq de Beaumont 1905, p. 31, num. 14). Plaqué sur un décor flamboyant polychromé aux teintes jaune et rouge, l’écu armorié conserve encore de larges traces de la polychromie d’origine, probablement rafraîchie par une restauration plus récente.

