Plouvien, chapelle Saint-Jean Balanant (nef et chœur)
La somme des éléments héraldiques subsistant dans le chœur et la nef de la chapelle Saint-Jean Balanant en Plouvien, les baies géminées du chevet exceptées, est décevante.
Au pied de l’emmarchement du chœur, on ne relève qu’une seule plate-tombe en granite armoriée d’un écu vierge en relief (armoirie 1), dont la forme à pointe droite en triangle renvoie préférentiellement au XVIe siècle. Sa provenance exacte au sein de l’édifice est inconnue et il est possible qu’elle ait été replacée. La nef, donnée comme « taute pavée de tumbes » en 1617 (Leman 2018, p. 57, citant : Poitiers, AD de la Vienne, 3 H 1/465 ; procès-verbal des « améliorissements de Monsieur de Sainct-Offange », 1617), conserva jusqu’au XIXe siècle de « nombreuses pierres tombales […] ne portant aucune inscription », dont on commençait déjà à parler au passé en 1888 (Le Guen 1888, p. 150).

Plouvien, chapelle Saint-Jean Balanant, pierre tombale armoriée d’un écu lisse.
L’une d’elles, disparue, aurait été ornée « d’un simple écusson armorié de trois croix de Malte, indiquant au visiteur que là reposait un chevalier » (ibid.) (armoirie 2). Il s’agissait peut-être en effet d’une tombe hospitalière, toutefois l’hypothèse doit être considérée avec prudence. L’attachement de l’érudition à ce que « plusieurs chevaliers eussent reçu la sépulture dans la chapelle » (ibid.) est en effet invérifiable, tandis qu’une confusion aurait pu se faire jour avec l’ancienne table du maître-autel, réemployée comme première marche du chœur, précisément gravée de croisettes pattées.
La charpente, presque intégralement d’origine dans la nef principale (Le Ber 2011) avant sa restauration complète en 2022, est armoriées de cinq écussons aux entraits, à la retombée du poinçon : on en compte un sur chaque face du premier entrait (occidentale, inférieure et orientale) (armoiries 3-5), et un aux faces occidentale et inférieure du troisième entrait (armoiries 6-7). Il semble que le second entrait n’ait pas été armorié, mais son état d’altération n’autorise aucune conclusion. Les écus, sans relief, devaient être peints ou étaient prévus de l’être, mais toute polychromie a disparu sous un épais badigeon blanc. Par comparaison avec des cas conservés dans des édifices contemporains, par exemple l’église Notre-Dame de Quimperlé, il faut les imaginer peints aux armes du duc, du ou des principaux prééminenciers, peut-être de l’évêque et/ou des commandeurs de Balanant.








